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Jimmy et la Bigfoot, un autre petit trésor de Pascal Girard.

mercredi, mars 3rd, 2010

Les mois de janvier et de février ont été pauvres en nouveauté québécoise. Mais voici qu’avec l’arrivée du printemps, les maisons d’édition bourgeonnent à nouveau et nous offrent plusieurs nouveautés. La Pastèque n’est pas en reste avec l’album Jimmy et le Bigfoot.

C’est l’histoire de Jimmy, adolescent timide qui voit sa vie prendre un autre cap lorsque son meilleur ami diffuse une vidéo le montrant en train de danser sur YouTube. Du fait, il devient la risée de l’école. Son oncle ne fait que mettre de l’huile sur le feu lorsqu’il diffuse à son tour une vidéo de mauvaise qualité qui montre un bigfoot. Nous suivons Jimmy à travers ses tentatives pour apprivoiser ce concept abstrait qu’est l’amour à l’adolescence tout en apprenant à vivre avec sa soudaine popularité. En trame de fond, nous prenons connaissances de ses relations avec sa famille et ses amis.

Nous reconnaissons les illustrations de Pascal Girard qui sont d’un trait simple, propre, mais tremblotant. Cette simplicité sert bien le réalisme de l’histoire. Les expressions des visages, qui sont toujours très importantes pour faire passer l’émotion dans une bande dessinée, sont très bien réussies. Les personnages sont beaux. Les arrière-plans sont toujours présents et viennent situer l’action. Les couleurs sont faites en collaboration avec Iris. Je trouve qu’elles font un lien avec les autres albums publiés au Québec dernièrement. Les palettes, aux teintes sobres, utilisées sont uniques et elles créent une ambiance enveloppante, sans superflu.

Il est intéressant de noter que certaines bulles sont masquées par d’autres. Je n’ai pas interrogé personnellement l’auteur à ce sujet, mais je m’avance en disant que ce genre de métaphore de l’illustration nous fait penser à de vraies conversations lorsque quelqu’un se fait couper la parole par un autre et que nous perdons une partie de ce qui se dit.

Les personnages ont une personnalité bien développée qui leur est propre. La psychologie des personnages est bien construite et les interactions sont crédibles. Autrement dit, c’est une bande dessinée réaliste.

Bien que cet album pourrait viser un public plus adolescent, moi, en tant que jeune adulte dans la trentaine, je me suis reconnu dans cette histoire. Le temps d’une lecture, je me suis replongé dans ma propre expérimentation de l’amour à l’aube de l’âge adulte; période qui me semble bien lointaine.

Un petit truc m’a chatouillé. Ce n’est rien de catastrophique, mais je tiens à le mentionner tout de même. Et en même temps, c’est difficile de reprocher à l’auteur de s’inspirer de son époque. Tout le monde le fait; c’est l’essence même de l’artiste. Il exprime ce que sont époque lui inspire. Voici. Je n’ai pas aimé que l’album fasse référence à Star Wars Boy. Cette histoire a fait le tour de la planète et est souvent remise en premier plan par plusieurs chroniqueurs pour illustrer les inconvénients des sites comme You Tube. Je trouve que c’est un peu réchauffé.

Cette bande dessinée à une forme très conventionnelle. Nous y retrouvons douze cases du même format dans chaque page. Ce procédé pourrait déranger le rythme de la lecture, mais ce n’est pas le cas. Honnêtement, je ne m’en suis pas aperçu avant de regarder de nouveau l’album pour écrire ce billet. Cette « monotonie » dans la forme sert très bien le propos. C’est avec ce genre de procédé difficile à bien maitriser que l’on reconnaît un grand artiste d’un plus petit. En effet, le fil de l’histoire n’est en rien altéré.

J’ai adoré cet album qui m’a fait passer un bon moment de plaisir. Allez l’acheter en courant, car le prolifique Pascal nous présentera déjà l’album Jeunauteur 2 au début du mois de mars et travaille actuellement à un autre projet qui parlera de son conventum du secondaire. Nous avons donc plusieurs heures de plaisir qui nous attend encore cette année avec Girard.

L’album Jimmy et le Bigfoot par Pascal Girard aux éditions La Pastèque est disponible dans toutes les bonnes librairies et votre magasin de bandes dessinées.

En terminant, j’ai trouvé cette petite biographie de l’auteur trop bien pour la passer sous silence.

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Lucky Luke versus George W. Bush

samedi, janvier 23rd, 2010

Levez la main tous ceux d’entre vous qui n’aiment pas Lucky Luck. Et maintenant, ceux qui n’aiment pas la politique. Vous êtes plus nombreux. Et maintenant ceux qui n’aiment pas Georges W. Bush. Ooooooh! Impressionnant. Pratiquement personne ne l’aime et je partage votre dédain. Les auteurs de L’homme de Washington ne se gênent pas pour lui donner le mauvais rôle dans cette bande dessinée. J’ironiserais en vous affirmant que je ne comprends pas pourquoi.

J’ai acheté cette bande dessinée sous forme d’application pour mon iPhone. Elle se lit sur une plateforme développée par Anuman Interactive se nommant BD Touch. Vous pouvez lire mon billet intitulé Des bandes dessinées dématérialisées sur iPhone si ce n’est pas déjà fait pour avoir un aperçu de son fonctionnement; ou plutôt de son malfonctionnement. Cette application est en effet très peu agréable à utiliser.

C’est ma première expérience de lecture d’une bande dessinée sur un petit écran de moins de trois pouces de diagonale. Les cases défilent les unes après les autres. La dynamique est différente, mais on s’y fait. Et dès que les petits irritants de la configuration de BD Touch sont passés, le plaisir de lire un bon Lucky Luke s’installe.

L’histoire, sans faire évoluer le genre, est aussi bien construite que les albums précédents. Il faut dire que toutes les limites de ce type d’albums ont été explorées et qu’il est difficile de réinventer la roue. Cette fois-ci, nous y retrouvons notre vaillant cowboy solitaire prêt à servir sa patrie pour y apporter un peu d’ordre. Ce sont les hommes politiques de Washington qui ne lui demandent rien de moins que de sauver la démocratie de l’infâme politicien véreux Perry Camby, la caricature de Bush qui veut voler l’élection présidentielle et engage un tueur à gages pour éliminer son principal adversaire démocrate.

Le récit est rempli des références à la politique et à la culture américaine actuelles. Toutes ces petites apparitions représentant plusieurs personnalités people nous gardent dans l’histoire à la recherche du suivant. Cette technique d’introduction de personnages contemporains dans une histoire se déroulant dans le passé pour créer des situations cocasses est toujours très efficace lorsqu’il est maitrisé.

Les grands absents de cet album sont Rantanplan et les frères Dalton. Ce petit chien maladroit pouvait à lui seul faire tenir la sauce d’un album par ses commentaires absurdes. Pour ce qui est des Dalton, nous pouvons comprendre qu’il était plutôt difficile de les insérer dans cette histoire. Ce sera pour le prochain album peut-être.

Je dois souligner le travail d’illustration de Achdé. Fort de ses trois albums du Lonesome Cowboy dessinés pour Lucky Comic, il a su s’approprier les traits qui caractérisaient ce légendaire personnage. Contrairement à son album des Canayens de Montroyal les cases sont pleines de détails et de style. J’ai toujours aimé ces cases où tout est de la même couleur; particulièrement les rouges flamboyantes.

Je ne lirais pas plusieurs albums de suite, mais l’espace d’un moment je me suis permis d’être bon public et de renouer avec les plaisirs de mon enfance; version iPhone. Je ne le regrette pas un instant. C’est un achat pour les amateurs.

I’m a poor lonesome blogueur…

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Une BD française inspirée des Canadiens de Montréal!

vendredi, janvier 8th, 2010

Hé non! Je vous rassure. Comparativement aux performances douteuses de notre sainte flanelle, l’album Les Canayens de Monroyal est un peu plus haut dans le classement de la bande dessinée humoristique. Sans renouveler le genre, Achdé & Lapointe font preuve d’imagination pour mettre en scène des personnages caricaturaux d’une équipe de hockey amateur. Pour certains Québécois, l’idée de base de cette bande dessinée évoquera clairement les séries télévisuelles et cinématographiques Les Boys. Même que l’entraîneur ressemble étrangement à Stan.

J’ai eu quelques éclats de rire, mais souvent provoqués par des gags du premier niveau, qui sont toujours aussi efficaces sur moi lorsqu’ils sont bien faits. Mais je pourrais dire que nous trouvons dans cet album autant de planches banales que d’exceptionnel ce qui nous impose une lecture inégale qui pourrait agacer certain. Les courtes histoires qui n’ont pas de liens entre elles servent bien le style adopté par l’auteur, mais j’aurais aimé une trame de fond qui aurait aidé à créer une véritable histoire. Le hockey est plus un prétexte ici que le sujet principal. Malgré tout, les auteurs ont saisi l’essence de la culture du hockey au Québec.

Les illustrations sont dans la pure tradition européenne. D’ailleurs, Achdé a illustré quatre des derniers Lucky Luke. Loin d’être une faiblesse, maîtriser ce style permet de percer auprès d’un plus grand marché que le ferait une bande dessinée alternative. Tout le monde doit payer son loyer n’est-ce pas? J’ajouterais peut-être que l’arrière-plan des cases est en général moche pour ne pas dire inexistants. Je n’oserais pas dire que c’est du bâclage, mais je doute fort que ce soit pour donner du style aux illustrations.

Autre petite chose qui me chicote. Une BD sur le hockey dessinée par un Français. C’est audacieux et nous ne le ressentons pas en lisant l’album. Mais je trouve triste qu’avec tous les illustrateurs talentueux que nous possédons au Québec, un éditeur n’ait pas su comprendre l’importance de développer les talents locaux. Voulait-il avoir un nom pour vendre des livres plutôt d’un jeune artiste? L’opération me semble commerciale. Dessins vites faits, scénariste québécois pour avoir des subventions et un thème très populaire pour attirer l’attention. Tous les ingrédients sont réunis pour un succès de vente. Mais est-ce immoral de vouloir faire un peu d’argent en négligeant le contenu? Plusieurs le font sans gène.

Je me sens mal de dire autant de mal d’une BD. Je suis un grand admirateur de tous ceux qui osent se lacer dans le domaine. Mais cette bande dessinée n’est clairement pas destinée aux amateurs en recherche de nouveautés. Les jeunes adolescents apprécieront sans doute plus que moi, même si je ne l’ai pas détesté.

Attendons le tome deux de la série pour voir si la sauce prendra ou si cette série sera à classer parmi celles où la sauce est trop étirée et qui ne goûte pratiquement rien.

Fiche

Titre : Les Canayens de Monroyal

Auteurs : Achdé & Lapointe

Couleurs : Mel

Maison d’édition : Boomerang

Nombre de pages : 48

Prix : 16,95 $

Reliure : rigide

ISBN : 978-2-89595-481-1

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Liste de toutes les critiques de ce blogue

vendredi, janvier 1st, 2010

Voici la liste de tous les albums et les blogues critiqués que vous trouverez sur ce blogue.

A

B

Blog d’Hugo

C

Canayens de Montroyal, les

D

E

Encyclopédie DeKessé, l’

F

Front T.1, le

Front T.2, le

G

H

Happy Sex

Histoires d’hiver

I

J

Jimmy et le Bigfoot

K

L

Lucky Luke, L’homme de Washington

M

Magasin Général T5, Montréal

N

O

Ostie d’chat, l’

P

Petit illustré, le

Pinocchio

Q

R

S

Signe de la Lune, le

T

Trois Ombres

U

V

W

X

Y

Z

Toutes les chroniques de ce blogue

vendredi, janvier 1st, 2010

Le 23e festival de la bande dessinée francophone de Québec, une programmation bien étoffée. Du 7 au 11 avril.

d’heure en heure … La démonstration que la bande dessinée au Québec est en bonne santé

Emre Orhun nous prépare un album pour l’automne

Un monde de bulles, un rendez-vous hebdomadaire à ne pas manquer.

Party de financement pour Les 48 heures de la bande dessinée de Montréal

iPhone en BD! Trois suggestions d’application.

L’arrivée du iPad de Apple chamboulera le monde de la BD!!

SAFARIR recherche des bédéistes

L’avenir de la bande dessinée en… numérique?

Des bandes dessinées dématérialisées sur iPhone

Ils osent parler de BD dans le Devoir!