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Le Festival de la BD francophone de Québec est de retour!

lundi, avril 4th, 2011

Encore une fois cette année le Festival de la BD francophone de Québec nous offre une programmation complète qui nous propose diverses activités toutes plus intéressantes les unes que les autres. Elles se dérouleront du 13 au 17 avril dans différents lieux culturels de Québec, dont le Salon International du livre de Québec. Animations jeunesse, rencontres d’auteurs, tables rondes et dessins en direct, les visiteurs auront l’embarras du choix parmi tout ce qui est proposé au Café-rencontre BD et à l’Atelier BD.

L’équipe de Front Froid, qui a pour but de faire la promotion de la BD québécoise, vous rencontrera avec ses meilleurs collaborateurs lors d’un brunch au Cercle. Les auteurs au menu : Julien Paré-Sorel, Miguel Bouchard, Michel Falardeau, Hicham Absa et Jeik Dion !

Un lancement triple pour Le Front, Collectif9 et Première Ligne!

lundi, avril 12th, 2010


C’est le 19 avril à 20 h au Bar le Cheval Blanc de Montréal que se déroulera un événement démontrant bien que la bande dessinée fait son petit bout de chemin au Québec. Trois acteurs de la bande dessinée montréalaise font preuve de collégialité en se regroupant pour nous présenter une soirée bien remplie. Au programme; le lancement du troisième numéro du collectif le Front par Front Froid, le lancement de la toute dernière revue de BD émergente C9 no 2 et pour conclure, Marc Tessier fera son lancement montréalais de son nouveau livre À la brunante sur une plage d’agates, publié par Studio Coopératif Premières Lignes, dans la collection Souche. Il y aura sans doute quelques belles dédicaces à obtenir des auteurs présents. Ça promet.

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Le collectif Québécois Le Front (2 de 3)

mardi, avril 6th, 2010

[Première partie] [Deuxième partie][Troisième partie]

Le deuxième tome de la série Le Front nous présente lui aussi cinq histoires. Heureusement, en comparaison avec le premier tome, les éditeurs ont corrigé le tir et travaillé la qualité de l’impression. Nous pouvons voir les dessins cette fois-ci. C’est une des qualités importantes pour une bande dessinée. Ils gagnent de l’expérience d’un numéro à l’autre, tout comme les artistes qui y participent.

Kandahar P.Q. par Hicham Absa et Guillaume Boucher

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais je vous ai déjà parlé de Hicham lorsqu’il a publié la nouvelle L’ennemi secret dans le collectif Histoire d’hiver. Pour consulter l’article. Celle dont je m’apprête à vous parler a été publiée plus tôt dans l’année par rapport à celle de chez Glénat Québec, mais le thème est semblable. L’histoire, qui nous parle de nouveau de la guerre, est une collaboration avec le scénariste Guillaume Boucher.

Les auteurs se sont inspirés d’un sujet de l’actualité. En effet, les soldats canadiens revenant du front rapportent souvent des syndromes post-traumatiques dus au stress intense que leur fait subir la guerre. Le scénario est dynamique et sa construction est plutôt originale. Il nous envoie constamment d’un pays à l’autre et finit par confondre les actions de l’un et de l’autre. Nous pourrions qualifier ce scénario de schizophrénique. J’ai trouvé que les illustrations étaient un peu drabes sans être pour autant mal exécutées. Elles sont plus du courant réaliste que caricatural de la bande dessinée. C’est un style difficile à bien maîtriser, car nous pouvons facilement comparer avec la réalité. Hicham montre beaucoup de talent, mais nous sentons qu’il sera meilleur de projet en projet. C’est un jeune artiste prometteur.

Mademoiselle de Lydie par Yvon Roy et Marc Dorais

Mademoiselle de Lydie est une histoire racontant la disparition d’Edward Matis et des tentatives de son ami pour connaître ce qui lui est arrivé. L’action se déroule au dix-huitième siècle. La construction du texte est parfaite. La chute est géniale et à moins d’être amateurs de mythologie, nous ne devinons pas ce qui se passera avant la toute dernière page. Le travail d’illustration dans un genre classique est très bien exécuté. Roy joue avec les noirs et les textures pour donner de la profondeur aux cases. Sans être révolutionnaire, c’est une bande dessinée travaillée et de bonne qualité.

Peine de mort par Olivier Carpentier et Gautier Langevin

C’est une nouvelle magnifiquement construite que nous offrent ici Olivier et Gautier. Se déroulant sur douze pages, l’histoire que nous découvrons est celle du père Sullivan et de sa femme, mais surtout le récit de leur duel momentanément interrompu par un mariage qui donna naissance à leur fils. Le travail d’illustration est tout simplement génial. L’esthétique des personnages nous fait légèrement penser à celui du groupe de musique Gorilaz. Les pages sont très belles et remplies de détails et de nuances. Les personnages sont beaux, les décors sont beaux; tout est beau. À quand un album complet pour Olivier Carpentier? Il a d’ailleurs aussi participé au premier tome de Front Froid. L’article.

Plan de contingence par Louis-Philippe Bastien et Minh Nguyen

Ce récit philosophique raconte brillamment le combat entre deux êtres surnaturels. Le premier peut devenir invisible et le second peut voir l’avenir avec un délai de trente secondes. Tout au long du combat, une réflexion philosophique portant sur le déterminisme se déroule dans la tête d’un des personnages. Il aurait été facile de se perdre dans les détails trop techniques. Mais non. Le propos reste clair et ne nous fait décrocher aucunement de l’histoire.

Les illustrations sont bien réussies. On sent une pointe d’inspiration du monde du manga. Les traits des personnages ainsi que les super pouvoirs qui leur sont attribués dans le récit sont familiers pour ce genre. Nous n’aurions pas tout faux de dire que c’est du Manga à l’américaine. Les cases sont remplies d’actions. Les corps sont toujours dessinés en mouvement ce qui les rend vivantes. Mais il manque un petit quelque chose et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. J’ai hâte de découvrir ce qu’ils auront à nous proposer dans leurs prochains projets.

Tous mes amis sont morts avant le temps par Jeik Dion

La participation de Jeik dans le premier numéro du collectif Le Front avait été malmenée par une impression plutôt ordinaire. Nous mettrons la faute sur le dos du manque d’expérience. Mais là, trop génial! C’est mon coup de coeur de ce numéro. Cette histoire est complètement trash et disjonctée. Les nombre exagérées ux personnages sont tous plus invraisemblables les uns que les autres. Nous rentrons directement dans l’imagination débridée de Jeik Dion. C’est totalement éclaté. L’histoire va dans tous les sens, mais au fil des pages une histoire secondaire se dessine et l’on comprend tout à la dernière scène.

C’est une très belle bande dessinée. Les dessins sont d’un genre pratiquement propre à l’auteur et il est peu exploité. Les cases sont croches et débordent, les traits sont larges et les expressions sont. Ça donne une saveur particulière aux pages. On pourrait faire un rapprochement entre le coup de crayon de Jeik et de Zilon. Bref, c’est un style un peu difficile à définir, mais très spectaculaire. C’est une explosion d’idées qui vous arrive en plein visage toutes en même temps.

En terminant, j’aimerais remercier les bénévoles de chez Front Froid pour toute l’énergie qu’ils déploient pour publier ces ouvrages. Les jeunes auteurs ont en effet très peu de tribunes au Québec pour s’exprimer par leur plume. Continuer votre très bon travail.

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Le collectif Québécois Le Front (1 de 3)

dimanche, mars 14th, 2010

[Première partie] [Deuxième partie] [Troisième partie]

Le troisième tome de la série du collectif Le Front arrive en magasin au début du mois d’avril. Je profite donc de l’occasion pour vous présenter une revue de ce que les deux premiers nous proposaient.

Tout d’abord, il faut dire que Front Froid est un organisme sans but lucratif qui fait la promotion de la bande dessinée alternative en donnant à des auteurs une première chance de publier une nouvelle en bande dessinée. Je dis bravo à l’initiative. J’encourage tout le monde à aller se procurer dès maintenant les deux premiers tomes vendus ensemble pour moins de vingt dollars.

J’aime lire des collectifs pour y découvrir de nouveaux talents québécois. Chaque récit est un micro univers en soi. Front Froid a eu la bonne idée de nous présente une courte biographie de l’auteur avant de nous laisser découvrir son récit. Ainsi, nous apprivoisons plus facilement ce qu’il a à nous proposer.

Joyeux Noël salauds par Olivier Carpentier

Olivier nous fait entrer dans son monde imaginaire en nous dépeignant une version assombrie du père Noël qui, ici, prend le rôle d’un super héros. Il se fait protecteur des enfants, toujours à la recherche des méchantes brutes pour leur faire payer leurs crimes. L’auteur égratigne au passage la religion en incluant un de ses membres parmi ces criminels. Il est aussi très drôle d’y rencontrer une fée des dents hardcore. Il la décrit comme une junky, dysfonctionnelle, mésadaptée sociale, déchet féérique. Vraiment très drôle.

L’histoire est bien construite et totalement originale. Les dessins semblent beaux, mais l’impression noir et blanc n’est pas très réussie et ne rend pas justice aux illustrations sombres. Je suis allé sur son site pour constater que la qualité de son travail est beaucoup plus évidente sur des planches en couleurs. On retrouve justement quelques planches en couleurs de cette histoire. C’est un site à consulter pour découvrir un artiste de la bande dessinée alternative québécoise.

Loading… par Jeik Dion

Jeik nous fait pénétrer dans son monde du jeu vidéo. Pour un lecteur comme moi qui ai cessé d’utiliser les consoles lorsque le super Nintendo est arrivé, je dois dire que c’est n’est pas facile de m’y immerger en seulement quelques pages.

Encore une fois le niveau de l’impression ne rend pas justice au travail de l’illustrateur. Les dessins sont carrément bouchés et nous empêchent de bien comprendre l’histoire. D’ailleurs, je n’ai pas compris le punch. J’ai dû chercher sur le forum pour y voir un peu plus clair. Heureusement, il possède un blogue où nous pouvons avoir une bonne idée de ses réalisations artistiques. À noter dans cette histoire l’effet de pixel qu’il a donné aux personnages. C’est tout à fait approprié pour une histoire de jeux vidéo.

Minuit et des poussières par Félix Laflamme et Martin Roy

Martin et Félix nous racontent l’histoire de parents dont le fils est un loup-garou. Pour eux, la chose semble tout à fait normale. Mais la voisine écornifleuse appelle les autorités pour essayer de savoir ce qui se passe dans la maison à côté de chez elle. Du poulet et de la tarte sont prévus pour le repas.

Nous sentons la maturité et la maitrise de la plume dans ces illustrations. Elles sont belles, pleines de profondeur et le style coïncide parfaitement avec le propos un peu trash, mais tout de même accessible. Les pages sont remplies. Le découpage des cases est dynamique, mais quand même conventionnel. En résumé, c’est une bonne histoire, bien ficelée et parfaitement illustrée.

Moi, Anastacia par Michel Falardeau

Michel Falardeau n’est pas un dernier venu dans le milieu de la bande dessinée. Il a déjà publié la très belle trilogie Mertownville aux éditions Paquet en Europe et a travaillé sur plusieurs autres projets.

Nous faisons la connaissance d’une belle bande d’amis. Le sujet est contemporain. On reconnaît la dynamique d’un groupe d’individus dans la vingtaine. J’ai souvent passé des journées comme celle-ci avec des amis. Les dialogues sont intelligents et très saccadés. Comme au sein d’un groupe nombreux, les conversations vont dans tous les sens. Les illustrations sont faites dans un style légèrement Manga. C’est très réussi. J’aurais aimé les voir en couleur. Nous en avons un petit aperçu sur son blogue.

Round Midnight par Fred Jourdain

Fred Jourdain est un infidèle de la bande dessinée. Il y vient, il la quitte. Mais ses apparitions y sont toujours remarquées. Il est avant tout un artiste visuel talentueux. On pourrait croire qu’il fait de la bande dessinée comme il peint un tableau.

Nous entrons dans le monde du début du vingtième siècle tel que Fred l’imagine. Les personnages sont caricaturaux et très bien dessinés. Les gangsters ont vraiment l’air méchant. Chaque case est dessinée comme si elle était un tableau et pouvait se détacher du reste de la page et être accrochée au mur. L’histoire est bien construite et nous plonge rapidement dans l’action. J’aimerais connaître la suite.

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Jimmy et la Bigfoot, un autre petit trésor de Pascal Girard.

mercredi, mars 3rd, 2010

Les mois de janvier et de février ont été pauvres en nouveauté québécoise. Mais voici qu’avec l’arrivée du printemps, les maisons d’édition bourgeonnent à nouveau et nous offrent plusieurs nouveautés. La Pastèque n’est pas en reste avec l’album Jimmy et le Bigfoot.

C’est l’histoire de Jimmy, adolescent timide qui voit sa vie prendre un autre cap lorsque son meilleur ami diffuse une vidéo le montrant en train de danser sur YouTube. Du fait, il devient la risée de l’école. Son oncle ne fait que mettre de l’huile sur le feu lorsqu’il diffuse à son tour une vidéo de mauvaise qualité qui montre un bigfoot. Nous suivons Jimmy à travers ses tentatives pour apprivoiser ce concept abstrait qu’est l’amour à l’adolescence tout en apprenant à vivre avec sa soudaine popularité. En trame de fond, nous prenons connaissances de ses relations avec sa famille et ses amis.

Nous reconnaissons les illustrations de Pascal Girard qui sont d’un trait simple, propre, mais tremblotant. Cette simplicité sert bien le réalisme de l’histoire. Les expressions des visages, qui sont toujours très importantes pour faire passer l’émotion dans une bande dessinée, sont très bien réussies. Les personnages sont beaux. Les arrière-plans sont toujours présents et viennent situer l’action. Les couleurs sont faites en collaboration avec Iris. Je trouve qu’elles font un lien avec les autres albums publiés au Québec dernièrement. Les palettes, aux teintes sobres, utilisées sont uniques et elles créent une ambiance enveloppante, sans superflu.

Il est intéressant de noter que certaines bulles sont masquées par d’autres. Je n’ai pas interrogé personnellement l’auteur à ce sujet, mais je m’avance en disant que ce genre de métaphore de l’illustration nous fait penser à de vraies conversations lorsque quelqu’un se fait couper la parole par un autre et que nous perdons une partie de ce qui se dit.

Les personnages ont une personnalité bien développée qui leur est propre. La psychologie des personnages est bien construite et les interactions sont crédibles. Autrement dit, c’est une bande dessinée réaliste.

Bien que cet album pourrait viser un public plus adolescent, moi, en tant que jeune adulte dans la trentaine, je me suis reconnu dans cette histoire. Le temps d’une lecture, je me suis replongé dans ma propre expérimentation de l’amour à l’aube de l’âge adulte; période qui me semble bien lointaine.

Un petit truc m’a chatouillé. Ce n’est rien de catastrophique, mais je tiens à le mentionner tout de même. Et en même temps, c’est difficile de reprocher à l’auteur de s’inspirer de son époque. Tout le monde le fait; c’est l’essence même de l’artiste. Il exprime ce que sont époque lui inspire. Voici. Je n’ai pas aimé que l’album fasse référence à Star Wars Boy. Cette histoire a fait le tour de la planète et est souvent remise en premier plan par plusieurs chroniqueurs pour illustrer les inconvénients des sites comme You Tube. Je trouve que c’est un peu réchauffé.

Cette bande dessinée à une forme très conventionnelle. Nous y retrouvons douze cases du même format dans chaque page. Ce procédé pourrait déranger le rythme de la lecture, mais ce n’est pas le cas. Honnêtement, je ne m’en suis pas aperçu avant de regarder de nouveau l’album pour écrire ce billet. Cette « monotonie » dans la forme sert très bien le propos. C’est avec ce genre de procédé difficile à bien maitriser que l’on reconnaît un grand artiste d’un plus petit. En effet, le fil de l’histoire n’est en rien altéré.

J’ai adoré cet album qui m’a fait passer un bon moment de plaisir. Allez l’acheter en courant, car le prolifique Pascal nous présentera déjà l’album Jeunauteur 2 au début du mois de mars et travaille actuellement à un autre projet qui parlera de son conventum du secondaire. Nous avons donc plusieurs heures de plaisir qui nous attend encore cette année avec Girard.

L’album Jimmy et le Bigfoot par Pascal Girard aux éditions La Pastèque est disponible dans toutes les bonnes librairies et votre magasin de bandes dessinées.

En terminant, j’ai trouvé cette petite biographie de l’auteur trop bien pour la passer sous silence.

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Party de financement du journal des 48 heures de la BD de Montréal

dimanche, février 21st, 2010

Le milieu de la bande dessinée n’est peut-être pas très grand au Québec, mais il est actif. Les 48 heures de la Bd de Montréal organise un party pour boucler son budget 2009. Il y aura des Djs, de l’art et de l’alcool. Tout sera présent pour se faire un plaisir fou. Soyez présent en grand nombre.

Qui sont-ils?

L’organisme sans but lucratif ARTfaBULLE est né à Montréal, dans l’élan suscité par l’émission de radio Dans ta bulle !, diffusée sur CHOQ.FM depuis le printemps 2007, et animée par Julie Delporte et Christophe Magnette.

L’auteure Zviane (Sylvie-Anne Ménard) a rapidement rejoint les rangs et l’association ARTfaBULLE s’est officiellement créée en décembre 2007. Se sont rajoutés depuis Vincent GiardDelphine Bergeron et Lise Rebout.

Le mandat général d’ARTfaBULLE est de promouvoir la nouvelle bande dessinée et de favoriser les échanges entre les auteurs québécois, les auteurs du reste du Canada et les auteurs étrangers.

C’est quand?

C’est le 13 mars dès 20 h au 5555 rue de Gaspé, local 117 à Montréal. L’entrée est gratuite et vous recevez un journal des 48 heures de la BD de Montréal en plus. Tous les profits de la vente d’alcool serviront au financement des 48 heures de la BD de Montréal.

Confirmer votre présence sur leur page événement dans Facebook.

Visitez leur site pour en connaître d’avantage sur eux.


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Mise à jour de L’ostie d’chat!

mardi, février 16th, 2010

J’adore ce blogue. C’est pourquoi je vous relaie l’information à chaque mise à jour de leur travail.

Pour la dernière mise à jour du blogue L’ostie d’chat

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Le regard des autres, une BD imparfaite…

jeudi, février 11th, 2010

Un photographe né aveugle découvre qu’il a retrouvé la vue à la suite du vol des yeux d’un Brésilien. Il se met à la recherche de cette victime pour lui offrir son aide et même de lui rendre ses yeux s’il le faut. Après plusieurs tentatives infructueuses, il se remet en question son geste altruiste. Mais la volonté de réparer le geste de ses parents est plus forte que tout et poursuit ses recherches. Il trouve finalement Anor. Pour connaître la suite, vous devrez vous procurer l’album.

De petites choses nous agacent en début de lecture. Il manque un peu de fluidité dans les dialogues et dans l’histoire en général. Le langage utilisé est très Québécois et pourrait rebuter certains bédéphiles français. Les illustrations ne sont pas toujours de qualité égale. Malgré tout, nous sentons le désir de bien faire les choses et la recherche d’originalité dans le style.

Le procédé stylistique de cet album est intéressant. Martin a dessiné ce que le personnage voit. Donc, c’est grâce aux yeux volés d’Anor que nous découvrons cette histoire. Cette technique plutôt originale est par contre une lame à double tranchant. Il est dangereux de donner au récit une dynamique peu fluide par la limitation des points de vue et des perspectives. Mais ici, à cause du propos, cette technique a du sens.

Pour illustrer un blackout, il n’y a rien de mieux que deux pages côte à côte pratiquement toutes noires. J’adore l’audace de sacrifier autant d’espace pour bien faire sentir l’émotion. Mais lorsqu’on reprend ce procédé sur près de huit pages, c’est un manque d’originalité. Plusieurs autres procédés auraient pu être utilisés. Je comprends que l’auteur ne voulait pas sortir du concept que l’on voit par les yeux de son personnage, mais séquestrer un homme dans le noir n’était peut-être pas la meilleure chose à faire pour faire valoir ses talents de dessinateurs.

En résumé, Martin Balcer n’a pas tout faux. On sent le désir de bien faire les choses. Pour une première bande dessinée, c’est très bien. J’ai eu du plaisir à découvrir cet artiste prometteur. Son talent est encore brut. J’ai hâte de lire ses prochaines publications. Notons l’audace d’autopublier son album. Il n’est pas donné à tous de se rendre au bout d’un tel projet. Je suivrai sa carrière de près.

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iPhone en BD! Trois suggestions d’application.

jeudi, février 4th, 2010

Certains le savent déjà, je possède, comme cinquante-huit millions de personnes sur la planète, un iPhone. J’y ai trouvé pour vous quelques applications qui pourraient intéresser les bédéphiles.

Ma première suggestion est un tantinet en retard, mais je vous la fais tout de même, car elle est riche en contenu. Il s’agit de l’application Angoulême 2010. Elle présente les cinquante-huit finalistes de cette année. Vous pouvez télécharger dans votre appareil les premières pages de tous ces albums. Très intéressant pour faire une présélection de vos achats. Vous pouviez également voter pour l’album que vous préfériez, mais le prix a déjà été remis. Je serai plus ponctuel l’an prochain pour vous communiquer l’information.

Ma deuxième suggestion est une bande dessinée offerte gratuitement par BDTouch. Ce n’est évidemment pas par pur altruisme qu’ils le font, mais pour stimuler la vente des tomes suivants. C’est un procédé commercial très honnête. C’est Aldebaran, tome un du premier cycle de la série comprenant jusqu’à maintenant onze albums. C’est l’histoire d’humains fondant une colonie sur une autre planète ressemblante à la Terre. Il s’y passe d’étranges choses dans ce monde qu’ils croyaient connaître. J’ai commencé à la lire et je la trouve plutôt intéressante. Je vous en ferai peut-être une critique prochainement même si la première édition date de 1990.

La dernière suggestion de cette chronique est l’application Canal BD. Elle nous offre une boutique en ligne, une rubrique actualités, les meilleurs vendeurs de la semaine, les nouveautés en librairie et en format numérique et un reader électronique pour leurs bandes dessinées qui est simple et efficace. C’est intéressant d’y fouiller et de la consulter régulièrement.

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Magasin Général T5, Un chef-d’oeuvre qui se poursuit

mardi, février 2nd, 2010

Je peux comprendre que les irrésistibles Québécois avec leur vaste territoire francophone en Amérique fassent rêver et inspire deux artistes français de talents comme Loisel et Tripp. Ces deux Québécois d’adoption ont touché juste en créant cette série. J’en suis un adepte inconditionnel depuis le premier tome. Comment ne pas apprécier ces dessins à quatre mains où les nombreux détails sont pertinents, travaillés et où les émotions des personnages transpercent le papier et viennent nous chercher directement au coeur.

Dans ce cinquième tome, nous retrouvons la jolie veuve Marie, propriétaire du magasin général entourée de tous les savoureux personnages de la série. L’album débute au moment où les villageois découvrent qu’elle a eu une rapide partie de jambes en l’air avec le p’tit Allaire. Leur réaction est violente. Ce comportement va totalement à l’encontre de la morale de l’époque. Ils le lui font sentir. Malgré ces nombreux reproches, les villageois restent solidaires envers elle lors de la mort de sa grand-mère; preuve de l’importance que prenaient les coutumes religieuses dans leur vie. Mais ils refusent tout de même de lui parler et encore plus de lui pardonner. Nous accrochons sur une case particulièrement triste où, à la suite des funérailles, tous les villageois retournent à leur besogne, laissant Marie seule au milieu de la route portant sur ses épaules son double chagrin.

L’histoire de Marie est dramatique. Mais comme plusieurs autres femmes fortes de son époque, elle encaisse les coups, se relève les manches et poursuit son chemin. Le village s’entêtant à la faire sentir comme un paria, elle décide de prendre le large. Cette fois-ci, cette route la portera jusqu’à Montréal.

À la suite de son départ et, par le fait même, la perte de l’unique camion de la région, les villageois ont à nouveau des remontrances envers son comportement. La grogne monte et le mécontentement se fait sentir. Heureusement, Gaëtan, le simple du village, leur lance au visage la vérité. C’est eux qui ont fait fuir la pauvre femme par leur intransigeance face à la situation. On nous laisse au moment où le village est en pénurie de tous les biens essentiels et que les hommes s’apprêtent à agir avec la complicité de Serge. Mais le téléphone sonne…

Cette bande dessinée historique est d’une cruelle réalité. Nous y découvrons les préceptes moraux de l’époque et la dynamique sociale des petits villages coloniaux des années vingt. On prend conscience de l’importance d’un simple camion à une période où les moyens de communication étaient peu nombreux et de la nécessité d’avoir un magasin général pour subvenir aux nombreux besoins des villageois.

Chaque page est savoureuse. Il faut lire une première fois pour connaître l’histoire, puis une seconde fois seulement pour admirer le travaille d’illustration. Ces deux dessinateurs et ce coloriste ont réalisé, à mon avis, une des oeuvres majeures de la bande dessinée contemporaine. Une telle maitrise du 9e art n’a pas d’égal. Ces albums sont tout simplement vivants. Cette série frôle la perfection. Le style des illustrations ne peut pas être plus en symbiose avec le propos. Les personnages sont attachants et représentent bien une tranche de la société rurale des années vingt au Québec. Les auteurs prennent le temps de les installer dans l’action ce qui donne un rythme de lecture lent et très agréable.

J’ai remarqué qu’ils ont utilisé un procédé très intéressant que l’on pourrait comparer à des voix hors champ au cinéma. Ils poursuivent un dialogue amorcé dans une case dans la suivante qui, elle, nous présente une tout autre action, impliquant d’autres personnages. Ainsi, ils ne surchargent pas la case où il est nécessaire d’avoir un dialogue plus élaboré et garde le propos clair. Nous ne retrouvons pas de longues séries de cases semblables où nous pouvons suivre une conversation entre deux personnages. Chaque case est unique et nous présente un plan différent de l’action.

Le non-dit nous parle beaucoup dans cet album et donne un deuxième niveau de lecture. Les bulles transmettent le dialogue et les yeux les émotions. Nous reconnaissons souvent le talent d’un artiste en bande dessinée lorsqu’il peut nous partager ce que le personnage ressent seulement par l’expression de ses yeux. Nous retrouvons une grande profondeur et une grande maturité dans cette histoire. La lecture se fait beaucoup par les émotions.

Initialement, cette série devait se dérouler sur trois tomes, mais le nombre est rapidement passé à six. Il est difficile de croire qu’ils s’en arrêteront là. Le sujet est tellement vaste. Ils pourraient raconter l’histoire de Marie jusqu’à sa mort sans que nous nous en lassions.

Pour ceux qui viennent d’arriver sur la Terre, courez à votre librairie BD la plus proche et achetez ces cinq tomes immédiatement. Vous en retirerez des heures de plaisir à lire, relire et rerelire ces albums.

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