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Le Festival de la BD francophone de Québec est de retour!

lundi, avril 4th, 2011

Encore une fois cette année le Festival de la BD francophone de Québec nous offre une programmation complète qui nous propose diverses activités toutes plus intéressantes les unes que les autres. Elles se dérouleront du 13 au 17 avril dans différents lieux culturels de Québec, dont le Salon International du livre de Québec. Animations jeunesse, rencontres d’auteurs, tables rondes et dessins en direct, les visiteurs auront l’embarras du choix parmi tout ce qui est proposé au Café-rencontre BD et à l’Atelier BD.

L’équipe de Front Froid, qui a pour but de faire la promotion de la BD québécoise, vous rencontrera avec ses meilleurs collaborateurs lors d’un brunch au Cercle. Les auteurs au menu : Julien Paré-Sorel, Miguel Bouchard, Michel Falardeau, Hicham Absa et Jeik Dion !

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Emre Orhun nous prépare un album pour l’automne.

jeudi, mars 4th, 2010

J’ai su en début de semaine qu’Emre Orhun en collaboration avec Cédric Rassat publiera sa première bande dessinée chez Glénat cet automne. Je l’ai découvert dans le collectif le petit illustré. Je vous en avais très brièvement parlé dans mon billet du mois de janvier. C’est un artiste complètement éclaté au coup de crayon sublime. Son esthétique glauque est d’un genre réellement unique. Je vous laisse pénétrer dans son univers et constater par vous-même son grand talent. Dès que j’ai l’album en main, je vous en reparle. Son site.

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Jimmy et la Bigfoot, un autre petit trésor de Pascal Girard.

mercredi, mars 3rd, 2010

Les mois de janvier et de février ont été pauvres en nouveauté québécoise. Mais voici qu’avec l’arrivée du printemps, les maisons d’édition bourgeonnent à nouveau et nous offrent plusieurs nouveautés. La Pastèque n’est pas en reste avec l’album Jimmy et le Bigfoot.

C’est l’histoire de Jimmy, adolescent timide qui voit sa vie prendre un autre cap lorsque son meilleur ami diffuse une vidéo le montrant en train de danser sur YouTube. Du fait, il devient la risée de l’école. Son oncle ne fait que mettre de l’huile sur le feu lorsqu’il diffuse à son tour une vidéo de mauvaise qualité qui montre un bigfoot. Nous suivons Jimmy à travers ses tentatives pour apprivoiser ce concept abstrait qu’est l’amour à l’adolescence tout en apprenant à vivre avec sa soudaine popularité. En trame de fond, nous prenons connaissances de ses relations avec sa famille et ses amis.

Nous reconnaissons les illustrations de Pascal Girard qui sont d’un trait simple, propre, mais tremblotant. Cette simplicité sert bien le réalisme de l’histoire. Les expressions des visages, qui sont toujours très importantes pour faire passer l’émotion dans une bande dessinée, sont très bien réussies. Les personnages sont beaux. Les arrière-plans sont toujours présents et viennent situer l’action. Les couleurs sont faites en collaboration avec Iris. Je trouve qu’elles font un lien avec les autres albums publiés au Québec dernièrement. Les palettes, aux teintes sobres, utilisées sont uniques et elles créent une ambiance enveloppante, sans superflu.

Il est intéressant de noter que certaines bulles sont masquées par d’autres. Je n’ai pas interrogé personnellement l’auteur à ce sujet, mais je m’avance en disant que ce genre de métaphore de l’illustration nous fait penser à de vraies conversations lorsque quelqu’un se fait couper la parole par un autre et que nous perdons une partie de ce qui se dit.

Les personnages ont une personnalité bien développée qui leur est propre. La psychologie des personnages est bien construite et les interactions sont crédibles. Autrement dit, c’est une bande dessinée réaliste.

Bien que cet album pourrait viser un public plus adolescent, moi, en tant que jeune adulte dans la trentaine, je me suis reconnu dans cette histoire. Le temps d’une lecture, je me suis replongé dans ma propre expérimentation de l’amour à l’aube de l’âge adulte; période qui me semble bien lointaine.

Un petit truc m’a chatouillé. Ce n’est rien de catastrophique, mais je tiens à le mentionner tout de même. Et en même temps, c’est difficile de reprocher à l’auteur de s’inspirer de son époque. Tout le monde le fait; c’est l’essence même de l’artiste. Il exprime ce que sont époque lui inspire. Voici. Je n’ai pas aimé que l’album fasse référence à Star Wars Boy. Cette histoire a fait le tour de la planète et est souvent remise en premier plan par plusieurs chroniqueurs pour illustrer les inconvénients des sites comme You Tube. Je trouve que c’est un peu réchauffé.

Cette bande dessinée à une forme très conventionnelle. Nous y retrouvons douze cases du même format dans chaque page. Ce procédé pourrait déranger le rythme de la lecture, mais ce n’est pas le cas. Honnêtement, je ne m’en suis pas aperçu avant de regarder de nouveau l’album pour écrire ce billet. Cette « monotonie » dans la forme sert très bien le propos. C’est avec ce genre de procédé difficile à bien maitriser que l’on reconnaît un grand artiste d’un plus petit. En effet, le fil de l’histoire n’est en rien altéré.

J’ai adoré cet album qui m’a fait passer un bon moment de plaisir. Allez l’acheter en courant, car le prolifique Pascal nous présentera déjà l’album Jeunauteur 2 au début du mois de mars et travaille actuellement à un autre projet qui parlera de son conventum du secondaire. Nous avons donc plusieurs heures de plaisir qui nous attend encore cette année avec Girard.

L’album Jimmy et le Bigfoot par Pascal Girard aux éditions La Pastèque est disponible dans toutes les bonnes librairies et votre magasin de bandes dessinées.

En terminant, j’ai trouvé cette petite biographie de l’auteur trop bien pour la passer sous silence.

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Un monde de bulles, un rendez-vous hebdomadaire à ne pas manquer.

mardi, mars 2nd, 2010

Je regarde depuis quelque temps une émission française consacrée à la bande dessinée. Diffusée en premier lieu sur la chaîne Public Sénat, elle est rediffusée dans internet. Jean-Philippe Lefèvre nous y présente chaque semaine des entrevues consacrées à des auteurs connus et moins connus de la bande dessinée européenne. Cette vidéo est très enrichissante et nous permet de mettre un visage sur les auteurs que nous aimons. Je rêve d’une émission semblable consacrée à nous artisans québécois.

Il est intéressant d’entendre les auteurs y parler de leurs créations, d’où leur inspiration est venue, de leurs collaborations avec des scénaristes et de bien d’autres sujets. Ils nous font entrer dans leur monde d’imaginaire et de création. À noter que la réalisation et l’animation sont très réussies. C’est une émission de haute qualité. Trente minutes de plaisir assurées chaque semaine.

Site de rediffusion : Un monde de bulles

Site internet (très laid) : Un monde de bulles

Groupe Facebook : Facebook d’Un monde de bulles

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La bande dessinée Trois Ombres, de l’ombre à la lumière.

mardi, février 23rd, 2010

Depuis quelque temps, tout le monde parle de ce roman illustré de Cyril Pedrosa. Certains crient même au génie. Je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de cette oeuvre et, par la même occasion, de vous donner mon opinion sur celle-ci.

Cet album raconte l’histoire d’une petite famille paysanne qui vit isolée des autres villageois, et qui voit sa quiétude bouleversée par l’arrivée dans les environs de trois mystérieux cavaliers fantomatiques insaisissables; les trois ombres. Refusant de laisser ces ombres apporter leur fils unique, le père fuit par la mer. Il croyait bien pouvoir les semer, mais la réalité le rattrapera rapidement.

Cyril Pedrosa maitrise les méthodes qui permettent de passer les émotions dans ses illustrations. Dès le début du récit, nous ressentons intensément que le bonheur de la famille, qui semble inébranlable, est mis en péril. Les événements font monter la tension chez le lecteur. C’est à certains moments un véritable suspense. Nous ne savons pas s’il faut vraiment craindre ces ombres et nous avons hâte de connaitre leurs intentions. Mais au bout d’un moment, nous comprenons que ces spectres sont en fait les exécutants de la mort et qu’elles sont là pour prendre leur fils.

Ce roman me semble être une allégorie du processus de deuil face à la perte d’un proche. J’ai cherché rapidement dans l’internet et j’ai trouvé ces sept étapes : le choc, le déni, la colère, la tristesse, la résignation, l’acceptation, la reconstruction. Nous les retrouvons tous à différents degrés dans le récit. Comment ne pas être touché par un livre qui parle de la mort d’un enfant? Je ne peux pas m’identifier vraiment personnellement à cette histoire, mais j’ai quand même été attendri. L’auteur sait comment provoquer des émotions chez le lecteur.

Le rythme est bon, l’histoire nous prend et il est impossible de déposer cet ouvrage avant d’avoir lu la dernière page. J’ai par contre trouvé qu’il y avait une petite longueur lorsque l’action se déroule sur le bateau, mais ce n’est rien pour nuire à la lecture. Dans les deux premiers tiers du roman, si nous faisons abstraction des ombres, le récit est ancrée dans le réalisme. Mais dans la troisième partie l’histoire tombe dans le fantastique avec la rencontre d’un sorcier qui lui proposera un marché. Le père se transforme en géant pour refaire le trajet inverse. C’est savoureux, plein d’imagination.

Les illustrations sont d’un genre alternatif, tout en rondeur, un peu brouillonnes. Les personnages sont caricaturaux, teintés de réalisme. J’ai l’impression de lire le premier jet crayonné de l’artiste. C’est très beau dans son imperfection. Il faut souligner l’immense travail que représente la réalisation en solo d’un tel pavé. Deux cent soixante-huit pages scénarisées et dessinées par un seul homme c’est tout un exploit en soi.

Cette longueur a pour avantage de lui donner toute la latitude pour développer des histoires parallèles avec des personnages secondaires plus travaillés et plus complets que dans un récit plus court.

Sans crier au génie à mon tour, il faut que j’admette que ce roman illustré est très bien réalisé. Je m’imagine facilement, par une glaciale soirée d’hiver de tempête, m’assoir dans mon fauteuil le plus confortable, m’enrouler dans une doudou chaude et moelleuse, et devant un bon feu d’éthanol relire cette oeuvre tout en écoutant le vent heurter les fenêtres, essayant de lire par-dessus mon épaule cette histoire qui est, après tout, un peu mélancolique, et malgré tout réconfortante.

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Le blog d’Hugo, de l’humour sans censure.

mercredi, février 10th, 2010

Plusieurs d’entre vous ont dépassé l’âge de la majorité depuis un bon moment déjà. Oui, les cheveux blancs apparaissent et les rides s’affirment, mais ce ne sont là que des signes extérieurs de la sagesse qui grandit en nous. Trêve de plaisanterie, Hugo est un tout jeune dessinateur-bédéiste prometteur. Son humour est spontané et sans censure. Il parle d’événements qui se passent dans son quotidien, ne se gênant pas pour glisser dans ses illustrations un peu de sang à l’occasion. C’est rafraîchissant à lire et nous ne nous ennuyons pas un instant. J’ai déjà hâte de découvrir une histoire complète de sa part. Je crois bien qu’un éditeur devrait s’intéresser à ce jeune homme très bientôt. Un talent brut comme le sien se doit d’être immortalisé sur les pages d’un album. Il me fait d’ailleurs penser un peu au style de Zviane dans la façon de représenter ses personnages. Il lui arrive aussi de commettre des illustrations moins bande dessinée et de laisser parler l’artiste en lui. Je vous laisse lire quelques extraits pour vous faire une idée par vous-même. Le blog d’Hugo.

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Le signe de la Lune, un album incontournable.

mardi, février 9th, 2010

Chaque année, la ville d’Angoulême reçoit le plus gros festival de bande dessinée d’Europe. Et pour la seconde fois, une application iPhone nous est offerte gratuitement afin de nous présenter la plupart des albums sélectionnés par le jury. Nous pouvons consulter leurs couvertures et les premières pages. Ainsi, nous avons la chance de nous forger une opinion rapide sur ce qu’offre l’auteur et de savoir si l’album correspond à nos goûts.

Je fouillais donc parmi les finalistes, cherchant les plus intéressants à mes yeux pour éventuellement vous les présenter. Je suis tombé sur Le signe de la Lune. Je fus immédiatement séduit par la qualité des illustrations même si celles-ci sont en noir et blanc. Ce ne sont pas mes bandes dessinées préférées habituellement, mais je reste l’esprit ouvert.

L’histoire

Le signe de la Lune est une adaptation moderne du petit chaperon rouge. Régulièrement, des auteurs de tous les genres littéraires utilisent le contes traditionnels comme base à leur récit. Mon tout premier billet portait justement sur le dernier chef-d’oeuvre de Winshluss inspiré de Pinocchio. Ce procédé donne souvent l’occasion de présenter une version plus acidifiée de l’histoire. Le propos devient plus corrosif et les illustrations plus sombres. Ce résultat est sans doute un peu dû à une relecture plus adulte du conte et, reflétant l’état d’esprit de l’époque dans laquelle nous vivons, celle-ci est plus noire et plus violente.

Bonet et Munuera nous raconte l’histoire d’Artémis. Elle se déroule en deux temps. Dans la première partie, nous découvrons les personnages alors qu’ils ne sont encore que des enfants. Les tentions sont déjà présentes entre la bande à Rufo et celle à Artémis. On ressent la bouillonnement violent de Rufo et son besoin de dominer les autres. Une tragédie survient suite à un jeux où les enfants étaient invités à récolter des limaces dans la forêt en échange d’indices leur permettant de découvrir un pendentif en forme de lune. Suite à cet événement, Artémis se réplis sur elle même; se sentant coupable.

Dans la deuxième partie, on redécouvre les mêmes personnages à l’âge adulte. Rufo est devenu un méchant Seigneur qui fait régner sa vision d’une société le servant et ne gagne le respect des villageois qu’en usant de violence et la peur qu’il génère chez eux. Artémis reste terrée chez elle depuis la tragédie. Mais un événement la fera sortir de sa cachette. Elle affrontera enfin ses peurs et finira par accepter les événements du passé. Brindille attendait ce moment depuis longtemps.

Cette bande dessinée n’est pas toute nouvelle. C’est la plus récente mouture d’une ancienne publication qui fut tirée à cent exemplaires à peine. Elle n’a le goût de réchauffé que pour quelques personnes. Les auteurs ont ajouté plusieurs scènes et ils ont refait le travail d’illustration au complet. Cette version enrichie de l’histoire nous présente une bande dessinée beaucoup plus mature et plus finement dessinée. Voici en exemple deux planches qui montrent la première et la deuxième version côte à côte.

Ce que j’en pense

Le signe de la Lune est une autre bande dessinée incontournable. L’histoire est bonne et la qualité des illustrations fait en sorte que nous nous attachons aux personnages. Les visages sont expressifs et parlants. Les cases sont toutes très bien découpées de façon à ce que la lecture soit dynamique. L’action nous est présentée sous différents angles et ce procédé nous fait parfois penser à un story-board de film. Nous sentons que les formidables illustrations sont inspirées de l’univers que Disney a créé, mais tout de même avec un coup de crayon plus contemporain et propre aux auteurs. Les ombrages sont finement travaillés et combinés aux détails des dessins, donnent une dimension réaliste et léchée.

Un petit détail m’agace. À quelques occasions, Artémis porte une cape à capuchon rouge semblable à celle du Petit Chaperon. Je ne sais pas si c’est une demande des auteurs ou simplement une fausse bonne idée que les éditeurs ont eue, mais je ne trouve pas que le procédé est très efficace ici. Ça ne fait que soulever une interrogation sur les raisons de la soudaine mise en couleur de la jeune fille. Tant qu’à ajouter quelques taches de rouge, j’aurais engagé un artiste pour colorer tout l’album. Il aurait été encore plus sublime.

Ce fable moderne ne nous épargne pas les scènes de violence. Elles sont nombreuses, mais servent bien le propos. Le conte du petit chaperon rouge est en effet très violente elle-même; il était impossible pour les auteurs de pondre un récit crédible sans faire de la violence un personnage en soi. Les relations entre les villageois sont basées sur la peur et l’intimidation ce qui teinte l’histoire d’un voile de souffrance. Nous prenons Brindille en pitié lorsqu’il se fait battre et nous partageons la douleur d’Artémis au moment où elle vit son deuil.

J’ai bien aimer regarder et lire cet album et je le relirai très bientôt. Il est trop riche pour en décoder tous les détails du premier coup. Il n’a malheureusement pas gagné de prix à Angoulême. Cela ne diminue en rien la grande qualité de cette ouvrage. C’est une traduction d’Anne-Marie Ruiz est il est publié dans la collection Long Courrier chez Dargaud.

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