Archives du tag ‘Achdé

Lucky Luke versus George W. Bush

samedi, janvier 23rd, 2010

Levez la main tous ceux d’entre vous qui n’aiment pas Lucky Luck. Et maintenant, ceux qui n’aiment pas la politique. Vous êtes plus nombreux. Et maintenant ceux qui n’aiment pas Georges W. Bush. Ooooooh! Impressionnant. Pratiquement personne ne l’aime et je partage votre dédain. Les auteurs de L’homme de Washington ne se gênent pas pour lui donner le mauvais rôle dans cette bande dessinée. J’ironiserais en vous affirmant que je ne comprends pas pourquoi.

J’ai acheté cette bande dessinée sous forme d’application pour mon iPhone. Elle se lit sur une plateforme développée par Anuman Interactive se nommant BD Touch. Vous pouvez lire mon billet intitulé Des bandes dessinées dématérialisées sur iPhone si ce n’est pas déjà fait pour avoir un aperçu de son fonctionnement; ou plutôt de son malfonctionnement. Cette application est en effet très peu agréable à utiliser.

C’est ma première expérience de lecture d’une bande dessinée sur un petit écran de moins de trois pouces de diagonale. Les cases défilent les unes après les autres. La dynamique est différente, mais on s’y fait. Et dès que les petits irritants de la configuration de BD Touch sont passés, le plaisir de lire un bon Lucky Luke s’installe.

L’histoire, sans faire évoluer le genre, est aussi bien construite que les albums précédents. Il faut dire que toutes les limites de ce type d’albums ont été explorées et qu’il est difficile de réinventer la roue. Cette fois-ci, nous y retrouvons notre vaillant cowboy solitaire prêt à servir sa patrie pour y apporter un peu d’ordre. Ce sont les hommes politiques de Washington qui ne lui demandent rien de moins que de sauver la démocratie de l’infâme politicien véreux Perry Camby, la caricature de Bush qui veut voler l’élection présidentielle et engage un tueur à gages pour éliminer son principal adversaire démocrate.

Le récit est rempli des références à la politique et à la culture américaine actuelles. Toutes ces petites apparitions représentant plusieurs personnalités people nous gardent dans l’histoire à la recherche du suivant. Cette technique d’introduction de personnages contemporains dans une histoire se déroulant dans le passé pour créer des situations cocasses est toujours très efficace lorsqu’il est maitrisé.

Les grands absents de cet album sont Rantanplan et les frères Dalton. Ce petit chien maladroit pouvait à lui seul faire tenir la sauce d’un album par ses commentaires absurdes. Pour ce qui est des Dalton, nous pouvons comprendre qu’il était plutôt difficile de les insérer dans cette histoire. Ce sera pour le prochain album peut-être.

Je dois souligner le travail d’illustration de Achdé. Fort de ses trois albums du Lonesome Cowboy dessinés pour Lucky Comic, il a su s’approprier les traits qui caractérisaient ce légendaire personnage. Contrairement à son album des Canayens de Montroyal les cases sont pleines de détails et de style. J’ai toujours aimé ces cases où tout est de la même couleur; particulièrement les rouges flamboyantes.

Je ne lirais pas plusieurs albums de suite, mais l’espace d’un moment je me suis permis d’être bon public et de renouer avec les plaisirs de mon enfance; version iPhone. Je ne le regrette pas un instant. C’est un achat pour les amateurs.

I’m a poor lonesome blogueur…

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Publicités

Une BD française inspirée des Canadiens de Montréal!

vendredi, janvier 8th, 2010

Hé non! Je vous rassure. Comparativement aux performances douteuses de notre sainte flanelle, l’album Les Canayens de Monroyal est un peu plus haut dans le classement de la bande dessinée humoristique. Sans renouveler le genre, Achdé & Lapointe font preuve d’imagination pour mettre en scène des personnages caricaturaux d’une équipe de hockey amateur. Pour certains Québécois, l’idée de base de cette bande dessinée évoquera clairement les séries télévisuelles et cinématographiques Les Boys. Même que l’entraîneur ressemble étrangement à Stan.

J’ai eu quelques éclats de rire, mais souvent provoqués par des gags du premier niveau, qui sont toujours aussi efficaces sur moi lorsqu’ils sont bien faits. Mais je pourrais dire que nous trouvons dans cet album autant de planches banales que d’exceptionnel ce qui nous impose une lecture inégale qui pourrait agacer certain. Les courtes histoires qui n’ont pas de liens entre elles servent bien le style adopté par l’auteur, mais j’aurais aimé une trame de fond qui aurait aidé à créer une véritable histoire. Le hockey est plus un prétexte ici que le sujet principal. Malgré tout, les auteurs ont saisi l’essence de la culture du hockey au Québec.

Les illustrations sont dans la pure tradition européenne. D’ailleurs, Achdé a illustré quatre des derniers Lucky Luke. Loin d’être une faiblesse, maîtriser ce style permet de percer auprès d’un plus grand marché que le ferait une bande dessinée alternative. Tout le monde doit payer son loyer n’est-ce pas? J’ajouterais peut-être que l’arrière-plan des cases est en général moche pour ne pas dire inexistants. Je n’oserais pas dire que c’est du bâclage, mais je doute fort que ce soit pour donner du style aux illustrations.

Autre petite chose qui me chicote. Une BD sur le hockey dessinée par un Français. C’est audacieux et nous ne le ressentons pas en lisant l’album. Mais je trouve triste qu’avec tous les illustrateurs talentueux que nous possédons au Québec, un éditeur n’ait pas su comprendre l’importance de développer les talents locaux. Voulait-il avoir un nom pour vendre des livres plutôt d’un jeune artiste? L’opération me semble commerciale. Dessins vites faits, scénariste québécois pour avoir des subventions et un thème très populaire pour attirer l’attention. Tous les ingrédients sont réunis pour un succès de vente. Mais est-ce immoral de vouloir faire un peu d’argent en négligeant le contenu? Plusieurs le font sans gène.

Je me sens mal de dire autant de mal d’une BD. Je suis un grand admirateur de tous ceux qui osent se lacer dans le domaine. Mais cette bande dessinée n’est clairement pas destinée aux amateurs en recherche de nouveautés. Les jeunes adolescents apprécieront sans doute plus que moi, même si je ne l’ai pas détesté.

Attendons le tome deux de la série pour voir si la sauce prendra ou si cette série sera à classer parmi celles où la sauce est trop étirée et qui ne goûte pratiquement rien.

Fiche

Titre : Les Canayens de Monroyal

Auteurs : Achdé & Lapointe

Couleurs : Mel

Maison d’édition : Boomerang

Nombre de pages : 48

Prix : 16,95 $

Reliure : rigide

ISBN : 978-2-89595-481-1

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]