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L’arrivée du iPad de Apple chamboulera le monde de la BD!!

mercredi, janvier 27th, 2010

Lorsque Apple s’intéresse à un marché, c’est qu’il y a de l’argent à faire. Du fait, le reste de l’industrie suit. Les nouveaux gadgets tendance pour 2010 sont les tablettes électroniques; ordinateur portable sans clavier possédant un écran tactile. Hybride entre le smartphone, un ordinateur portable et un livre électronique, c’est le premier vrai appareil électronique portable qui permettra de lire de la bande dessinée sur un grand écran en couleur. Ajoutez à cela un des magasins (iTunes Store) en ligne le plus efficace et lucratif de la planète pour obtenir un potentiel de popularisation d’un nouveau mode de lecture presque infini.

Fort de son expérience avec le iPhone qui est en soi une petite tablette électronique, la nouvelle tablette de Apple, le iPad, est encore plus révolutionnaire. Possédant un écran de plus de dix pouces en haute définition, elle permettra d’accéder à internet via les réseaux de téléphonie 3G. C’est le produit technologique que tout le monde attendait. Presque tout ce qui était reproché au livre électronique et aux smartphones aura été corrigé. C’est le premier vrai livre électronique sur lequel vous pourrez lire journaux, magazines, livres et BD et le tout en couleur. Et c’est aussi un ordinateur soit dit en passant.

Les vrais collectionneurs de BD ne sont sans doute pas prêts à convertir leur bibliothèque en format numérique. Mais les nouvelles générations ne veulent rien savoir de l’encombrement et ont un attachement plutôt temporaire et très changeant face aux objets. Et ce qu’ils exigent de ceux-ci, c’est de pouvoir les avoir constamment à portée de la main, ce que n’offre évidemment pas une bibliothèque, mais beaucoup mieux une tablette électronique. La transition sera longue entre aujourd’hui et le moment où les albums papiers ne seront plus que des produits dérivés; un peu comme ce que l’industrie du disque fait lorsqu’elle réédite en version vinyle certains grands classiques. Mais ce changement aura bel et bien lieu qu’on le veuille ou pas. Les plus conservateurs nous diront que le livre ne disparaîtra jamais. Je suis tout à fait en accord avec eux. Il ne disparaîtra jamais. Mais le livre se transposera vers les supports numériques.

Un des défis majeurs auquel font face les éditeurs avec l’arrivée de ce changement technologique est de développer un modèle d’affaires qui tiendra compte des nouveaux paradigmes du marché. Ils devront permettre à tout le monde d’avoir les moyens de se payer des albums pour ainsi rendre le piratage beaucoup moins intéressant. Pour ceux qui l’ignoraient, il existe déjà. Des bandes dessinées numérisées frauduleusement circulent sur les réseaux de partage de fichier. La solution la plus plausible à mes yeux pour diminuer radicalement les coûts de production est de modifier la chaîne traditionnelle du livre et éliminer certains intervenants. Ainsi, il ne pourra rester que l’éditeur, le détaillant et l’auteur pour se distribuer les revenus. Nous éliminerons de la chaîne, les imprimeurs et les distributeurs; autrement dit toutes les infrastructures qui servent à la fabrication et à la manipulation des livres physiques. Les librairies se déplaceront vers le web et finiront pratiquement par disparaître. Seules les boutiques du collectionneur demeureront pour offrir les rares éditions papier.

Le grand avantage que je constate avec cette transition vers le format numérique, est qu’il permettra, comme il l’a fait pour la musique, aux bédéistes indépendants de produire des albums de qualités à des coûts pratiquement nuls et de pouvoir compétitionner avec les grands de l’édition. Attendez-vous à une avalanche de nouveaux créateurs dans les prochaines années. Déjà, nous en découvrons chaque semaine sur le web en format blogue et la révolution numérique n’est qu’à ses tout débuts. J’adore.

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Des bandes dessinées dématérialisées sur iPhone

vendredi, janvier 15th, 2010

À l’heure où tout ce que nous connaissons de support de communication se dématérialise pour se transposer dans les téléphones intelligents, les écrans d’ordinateur et les toutes nouvelles tablettes électroniques, la BD n’est pas en reste. Au cours de l’année qui vient, je testerai pour vous ces nouveaux médiums et je vous communiquerai ce qu’ils ont à nous offrir de positif et de négatif en ce qui concerne la diffusion de la bande dessinée.

Je suis un fanatique des produits Apple. Depuis toujours, j’en ai eu un sur mon bureau. Et, depuis plus d’un an, j’en ai un continuellement avec moi. Mon iPhone ne me quitte jamais. C’est souvent sur celui-ci que j’écris les brouillons de mes billets, notes des idées, que je m’informe sur l’actualité et que, même à l’occasion, avec lequel je téléphone. Fidèle à moi-même, j’ai cherché à découvrir ce que ce petit joujou avait à m’offrir dans le domaine de la bande dessinée.

En effectuant une recherche dans l’App Store, j’y ai rapidement trouvé un fournisseur de contenu francophone sous forme d’applications. BD Touch; le mot « Touch » faisant référence à l’écran tactile de l’appareil. Je me suis empressé à me procurer le dernier album de Lucky Luke, L’homme de Washington et l’album de Gaulle à la plage. Je vous en ferai la critique dans les prochains billets. Voici donc ce que je retiens de mon utilisation de cette App développé par Anuman interactive; une compagnie française.

BD Touch

Ça commence mal. En ouvrant l’application Lucky Luke, on a droit à un beau logo de BD Touch et un ruban de publicité défilant dans le bas de l’écran faisant l’annonce de leurs produits. Nous payons pour un album et ce dernier est rempli de publicités? Je suis d’accord pour qu’ils nous mettent un bouton qui nous mène à une page proposant d’autres BDS, mais pas que ces dernières apparaissent en popup à l’ouverture. A-t-on des publicités au début des albums papier? Alors, pourquoi nous pourrir la vie dans une application pour Smartphone?

Loin d’être instinctif, j’ai dû prendre quelques minutes pour analyser son fonctionnement. Alors qu’en général on retrouve les mêmes procédés d’une application à l’autre pour simplifier l’utilisation, Anuman Interative s’est donné la peine de tout foutre en l’air ces repères pour je ne sais quelle raison sinon celle de nous obliger à chercher comment ça fonctionne. De plus, tous les ajustements de navigation doivent être refaits à chaque démarrage. Nous ne pouvons revenir facilement sur une case. Il faut aller au menu principal, sélectionner la page qui contient celle-ci et relire la page entière. Nous ne pouvons pas non plus zoomer sur un détail que l’on aimerait observer ni lire de façon verticale, car si nous avons le malheur d’incliner l’appareil un peu trop, un menu contenant encore des publicités nous apparait. Tous ces petits défauts mis ensemble font diminuer appréciablement le plaisir de la lecture.

Sans terminer la lecture de L’homme de Washington, j’ai ouvert avec scepticisme l’album de Gaulle à la plage. Le même ruban publicitaire apparaît. Mais la suite m’a laissé sans mots. Tous les défauts que j’ai mentionnés si haut ont été corrigés. La lecture est simple et fluide et un petit menu nous explique la fonction des boutons alors que c’est un peu plus évident. On a même droit à une animation simulant une page qui tourne lorsqu’on change de case et nous pouvons zoomer. Anuman Interactive devrait refaire l’application de Lucky Luke pour qu’elle soit identique à celle-ci. Ce que je trouve le plus étrange dans cette histoire c’est que cet album a été publié avant Lucky Luke. Il manque de constance dans la production. À ni rien comprendre.

Mais en général

Ce genre de petit logiciel s’applique bien à des BDS qui ont un découpage traditionnel, mais un peu moins à celles où le dessin prend une plus grande importance. C’est l’idéal pour des Lucky Luke, mais je serais curieux d’essayer de lire un album plus axé sur l’art comme le Petit illustré.

Le prix peut être un facteur déterminant pour un achat de bande dessinée en version numérique. Alors que l’on paie jusqu’à 17 $ (12 €) un album papier, les applications de BD Touch se détaillent dans une fourchette de prix allant de 3,99 $ à 4,99 $ (2,50 € à 3,25 €). C’est presque donné, mais nous comprenons qu’il s’agit d’un produit virtuel ne demandant pratiquement aucune manutention. Ces albums virtuels sont l’idéal pour voyager et lire du même souffle.

Moi qui aime collectionner les bandes dessinées et les relire régulièrement, je m’interroge sur la conservation des App BD lorsque cette génération de téléphone sera désuète. Le fichier restera-t-il accessible sans l’appareil ou devrons-nous faire des acrobaties afin de trouver un lecteur compatible ou encore les racheter dans un nouveau format. J’aime beaucoup les albums papier. Je sais qu’un jour ils disparaîtront. Je serai alors le vieux papi accroché à ses artéfacts d’une autre époque et j’en serai fier.

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