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Un lancement triple pour Le Front, Collectif9 et Première Ligne!

lundi, avril 12th, 2010


C’est le 19 avril à 20 h au Bar le Cheval Blanc de Montréal que se déroulera un événement démontrant bien que la bande dessinée fait son petit bout de chemin au Québec. Trois acteurs de la bande dessinée montréalaise font preuve de collégialité en se regroupant pour nous présenter une soirée bien remplie. Au programme; le lancement du troisième numéro du collectif le Front par Front Froid, le lancement de la toute dernière revue de BD émergente C9 no 2 et pour conclure, Marc Tessier fera son lancement montréalais de son nouveau livre À la brunante sur une plage d’agates, publié par Studio Coopératif Premières Lignes, dans la collection Souche. Il y aura sans doute quelques belles dédicaces à obtenir des auteurs présents. Ça promet.

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Le collectif Québécois Le Front (2 de 3)

mardi, avril 6th, 2010

[Première partie] [Deuxième partie][Troisième partie]

Le deuxième tome de la série Le Front nous présente lui aussi cinq histoires. Heureusement, en comparaison avec le premier tome, les éditeurs ont corrigé le tir et travaillé la qualité de l’impression. Nous pouvons voir les dessins cette fois-ci. C’est une des qualités importantes pour une bande dessinée. Ils gagnent de l’expérience d’un numéro à l’autre, tout comme les artistes qui y participent.

Kandahar P.Q. par Hicham Absa et Guillaume Boucher

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais je vous ai déjà parlé de Hicham lorsqu’il a publié la nouvelle L’ennemi secret dans le collectif Histoire d’hiver. Pour consulter l’article. Celle dont je m’apprête à vous parler a été publiée plus tôt dans l’année par rapport à celle de chez Glénat Québec, mais le thème est semblable. L’histoire, qui nous parle de nouveau de la guerre, est une collaboration avec le scénariste Guillaume Boucher.

Les auteurs se sont inspirés d’un sujet de l’actualité. En effet, les soldats canadiens revenant du front rapportent souvent des syndromes post-traumatiques dus au stress intense que leur fait subir la guerre. Le scénario est dynamique et sa construction est plutôt originale. Il nous envoie constamment d’un pays à l’autre et finit par confondre les actions de l’un et de l’autre. Nous pourrions qualifier ce scénario de schizophrénique. J’ai trouvé que les illustrations étaient un peu drabes sans être pour autant mal exécutées. Elles sont plus du courant réaliste que caricatural de la bande dessinée. C’est un style difficile à bien maîtriser, car nous pouvons facilement comparer avec la réalité. Hicham montre beaucoup de talent, mais nous sentons qu’il sera meilleur de projet en projet. C’est un jeune artiste prometteur.

Mademoiselle de Lydie par Yvon Roy et Marc Dorais

Mademoiselle de Lydie est une histoire racontant la disparition d’Edward Matis et des tentatives de son ami pour connaître ce qui lui est arrivé. L’action se déroule au dix-huitième siècle. La construction du texte est parfaite. La chute est géniale et à moins d’être amateurs de mythologie, nous ne devinons pas ce qui se passera avant la toute dernière page. Le travail d’illustration dans un genre classique est très bien exécuté. Roy joue avec les noirs et les textures pour donner de la profondeur aux cases. Sans être révolutionnaire, c’est une bande dessinée travaillée et de bonne qualité.

Peine de mort par Olivier Carpentier et Gautier Langevin

C’est une nouvelle magnifiquement construite que nous offrent ici Olivier et Gautier. Se déroulant sur douze pages, l’histoire que nous découvrons est celle du père Sullivan et de sa femme, mais surtout le récit de leur duel momentanément interrompu par un mariage qui donna naissance à leur fils. Le travail d’illustration est tout simplement génial. L’esthétique des personnages nous fait légèrement penser à celui du groupe de musique Gorilaz. Les pages sont très belles et remplies de détails et de nuances. Les personnages sont beaux, les décors sont beaux; tout est beau. À quand un album complet pour Olivier Carpentier? Il a d’ailleurs aussi participé au premier tome de Front Froid. L’article.

Plan de contingence par Louis-Philippe Bastien et Minh Nguyen

Ce récit philosophique raconte brillamment le combat entre deux êtres surnaturels. Le premier peut devenir invisible et le second peut voir l’avenir avec un délai de trente secondes. Tout au long du combat, une réflexion philosophique portant sur le déterminisme se déroule dans la tête d’un des personnages. Il aurait été facile de se perdre dans les détails trop techniques. Mais non. Le propos reste clair et ne nous fait décrocher aucunement de l’histoire.

Les illustrations sont bien réussies. On sent une pointe d’inspiration du monde du manga. Les traits des personnages ainsi que les super pouvoirs qui leur sont attribués dans le récit sont familiers pour ce genre. Nous n’aurions pas tout faux de dire que c’est du Manga à l’américaine. Les cases sont remplies d’actions. Les corps sont toujours dessinés en mouvement ce qui les rend vivantes. Mais il manque un petit quelque chose et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. J’ai hâte de découvrir ce qu’ils auront à nous proposer dans leurs prochains projets.

Tous mes amis sont morts avant le temps par Jeik Dion

La participation de Jeik dans le premier numéro du collectif Le Front avait été malmenée par une impression plutôt ordinaire. Nous mettrons la faute sur le dos du manque d’expérience. Mais là, trop génial! C’est mon coup de coeur de ce numéro. Cette histoire est complètement trash et disjonctée. Les nombre exagérées ux personnages sont tous plus invraisemblables les uns que les autres. Nous rentrons directement dans l’imagination débridée de Jeik Dion. C’est totalement éclaté. L’histoire va dans tous les sens, mais au fil des pages une histoire secondaire se dessine et l’on comprend tout à la dernière scène.

C’est une très belle bande dessinée. Les dessins sont d’un genre pratiquement propre à l’auteur et il est peu exploité. Les cases sont croches et débordent, les traits sont larges et les expressions sont. Ça donne une saveur particulière aux pages. On pourrait faire un rapprochement entre le coup de crayon de Jeik et de Zilon. Bref, c’est un style un peu difficile à définir, mais très spectaculaire. C’est une explosion d’idées qui vous arrive en plein visage toutes en même temps.

En terminant, j’aimerais remercier les bénévoles de chez Front Froid pour toute l’énergie qu’ils déploient pour publier ces ouvrages. Les jeunes auteurs ont en effet très peu de tribunes au Québec pour s’exprimer par leur plume. Continuer votre très bon travail.

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Le collectif Québécois Le Front (1 de 3)

dimanche, mars 14th, 2010

[Première partie] [Deuxième partie] [Troisième partie]

Le troisième tome de la série du collectif Le Front arrive en magasin au début du mois d’avril. Je profite donc de l’occasion pour vous présenter une revue de ce que les deux premiers nous proposaient.

Tout d’abord, il faut dire que Front Froid est un organisme sans but lucratif qui fait la promotion de la bande dessinée alternative en donnant à des auteurs une première chance de publier une nouvelle en bande dessinée. Je dis bravo à l’initiative. J’encourage tout le monde à aller se procurer dès maintenant les deux premiers tomes vendus ensemble pour moins de vingt dollars.

J’aime lire des collectifs pour y découvrir de nouveaux talents québécois. Chaque récit est un micro univers en soi. Front Froid a eu la bonne idée de nous présente une courte biographie de l’auteur avant de nous laisser découvrir son récit. Ainsi, nous apprivoisons plus facilement ce qu’il a à nous proposer.

Joyeux Noël salauds par Olivier Carpentier

Olivier nous fait entrer dans son monde imaginaire en nous dépeignant une version assombrie du père Noël qui, ici, prend le rôle d’un super héros. Il se fait protecteur des enfants, toujours à la recherche des méchantes brutes pour leur faire payer leurs crimes. L’auteur égratigne au passage la religion en incluant un de ses membres parmi ces criminels. Il est aussi très drôle d’y rencontrer une fée des dents hardcore. Il la décrit comme une junky, dysfonctionnelle, mésadaptée sociale, déchet féérique. Vraiment très drôle.

L’histoire est bien construite et totalement originale. Les dessins semblent beaux, mais l’impression noir et blanc n’est pas très réussie et ne rend pas justice aux illustrations sombres. Je suis allé sur son site pour constater que la qualité de son travail est beaucoup plus évidente sur des planches en couleurs. On retrouve justement quelques planches en couleurs de cette histoire. C’est un site à consulter pour découvrir un artiste de la bande dessinée alternative québécoise.

Loading… par Jeik Dion

Jeik nous fait pénétrer dans son monde du jeu vidéo. Pour un lecteur comme moi qui ai cessé d’utiliser les consoles lorsque le super Nintendo est arrivé, je dois dire que c’est n’est pas facile de m’y immerger en seulement quelques pages.

Encore une fois le niveau de l’impression ne rend pas justice au travail de l’illustrateur. Les dessins sont carrément bouchés et nous empêchent de bien comprendre l’histoire. D’ailleurs, je n’ai pas compris le punch. J’ai dû chercher sur le forum pour y voir un peu plus clair. Heureusement, il possède un blogue où nous pouvons avoir une bonne idée de ses réalisations artistiques. À noter dans cette histoire l’effet de pixel qu’il a donné aux personnages. C’est tout à fait approprié pour une histoire de jeux vidéo.

Minuit et des poussières par Félix Laflamme et Martin Roy

Martin et Félix nous racontent l’histoire de parents dont le fils est un loup-garou. Pour eux, la chose semble tout à fait normale. Mais la voisine écornifleuse appelle les autorités pour essayer de savoir ce qui se passe dans la maison à côté de chez elle. Du poulet et de la tarte sont prévus pour le repas.

Nous sentons la maturité et la maitrise de la plume dans ces illustrations. Elles sont belles, pleines de profondeur et le style coïncide parfaitement avec le propos un peu trash, mais tout de même accessible. Les pages sont remplies. Le découpage des cases est dynamique, mais quand même conventionnel. En résumé, c’est une bonne histoire, bien ficelée et parfaitement illustrée.

Moi, Anastacia par Michel Falardeau

Michel Falardeau n’est pas un dernier venu dans le milieu de la bande dessinée. Il a déjà publié la très belle trilogie Mertownville aux éditions Paquet en Europe et a travaillé sur plusieurs autres projets.

Nous faisons la connaissance d’une belle bande d’amis. Le sujet est contemporain. On reconnaît la dynamique d’un groupe d’individus dans la vingtaine. J’ai souvent passé des journées comme celle-ci avec des amis. Les dialogues sont intelligents et très saccadés. Comme au sein d’un groupe nombreux, les conversations vont dans tous les sens. Les illustrations sont faites dans un style légèrement Manga. C’est très réussi. J’aurais aimé les voir en couleur. Nous en avons un petit aperçu sur son blogue.

Round Midnight par Fred Jourdain

Fred Jourdain est un infidèle de la bande dessinée. Il y vient, il la quitte. Mais ses apparitions y sont toujours remarquées. Il est avant tout un artiste visuel talentueux. On pourrait croire qu’il fait de la bande dessinée comme il peint un tableau.

Nous entrons dans le monde du début du vingtième siècle tel que Fred l’imagine. Les personnages sont caricaturaux et très bien dessinés. Les gangsters ont vraiment l’air méchant. Chaque case est dessinée comme si elle était un tableau et pouvait se détacher du reste de la page et être accrochée au mur. L’histoire est bien construite et nous plonge rapidement dans l’action. J’aimerais connaître la suite.

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Le collectif de BD Québécois Histoires d’hiver… quelques petits trésors!

mardi, janvier 19th, 2010


Certains Québécois aiment l’hiver et d’autres la détestent. Sans dire que je suis du deuxième groupe, je ne suis pas du premier non plus. Je subis sans détester. Mais aucun ne peut nier que l’hiver fait partie de notre vie, qu’il forge une partie de notre caractère et fait de nous ce que nous sommes. Personne ne peut rester indifférent face à l’engourdissement saisonnier qu’elle provoque sur notre société nordique. Glénat Québec en a d’ailleurs fait le thème de ce deuxième concours de bande dessinée. Le jury a choisi six histoires dessinées par des artistes québécois. J’adore les albums collectifs. Ils permettent à plusieurs auteurs de la relève de publier de belles histoires et de se faire connaître.

Zviane est une artisteparmis ceux-là. Je vous ai parlé dernièrement de son travail et de son blogue L’ostie d’chat. Sans être le but de cet achat, je l’ai retrouvé dans cet album. Avec mauve ciel, nous ne pouvons que constater une fois de plus son grand talent pour raconter des histoires. Cette fois-ci, elle nous dessine un petit bout de la vie d’une jeune montréalaise. Nous pourrions croire que nous assistons au début d’une belle histoire d’amour. À l’image de l’hiver, le rythme est lent et tout à fait approprié pour soutenir le délicat romantisme de la situation. Les dialogues sont à l’image de sa génération. Genre! J’ai bien ri lorsqu’elle fait dire à son personnage qu’il faisait -1000 dehors. C’est une très belle métaphore pour exprimer l’intensité du froid hivernal. Le choix des couleurs est tout à fait approprié et vient soutenir le propos. Définitivement, j’espère retrouver cette artiste dans les rayons prochainement.

Plus grave et plus noir, L’ennemi secret de Hicham Absa nous porte dans un tout autre univers; la capitulation de la sixième armée allemande durant la Deuxième Guerre mondiale. Nous sentons que l’hiver est le vrai ennemi dans cette histoire. Elle pèse sur le moral des soldats et pousse à capituler ceux qui n’ont pas déjà succombé à son froid. L’histoire est bien construite, mais ce n’est pas ce qui m’a séduit le plus. Les illustrations sont d’une efficacité incontestable. Les teintes grisâtres font ressortir les visages des personnages et le rouge du sang qui ressemble à un feu d’artifice. À elles seules, elles expriment les sentiments que la guerre suscite en nous. C’est du grand art. Il a déjà publié chez Front Froid. Je vous en glisserai un mot très bientôt.

Après avoir lu ces deux très bonnes nouvelles, nous en redemandons. Mais nous tournons la page et tombons sur Un coin de paradis de Serge Brouillet. C’est l’histoire de deux urbains écologistes qui décident d’ouvrir un gite du passant en campagne. Leur vision idyllique de la nature se change rapidement en cauchemar avec l’arrivée des motoneigistes. La thématique est très actuelle, mais le style des illustrations date d’une autre époque. Je verrais très bien cette BD dans le magazine des petits débrouillards des années quatre-vingt. J’ai d’ailleurs l’impression qu’un adolescent à ses premières armes les a dessinées. J’ai quand même ri un peu en la lisant.

Vieux fou de Kan-J et Mikey rattrape la donne. Nous aimons voir l’effort de réalisme dans l’illustration de cette histoire où un homme est enfermé et oublié en prison. Du fait, l’hiver s’installe pour une longue période. Les couleurs accompagnent le propos. Nous passons de la grisaille de l’hiver aux couleurs éclatantes de l’été. J’aurais aimé voir comment ces auteurs auraient travaillé le scénario s’ils avaient eu plus de pages à leur disposition. Je trouve qu’ils ont coupé court, mais je comprends qu’ils ne disposaient que de six pages. À la place de l’éditeur, je leur aurais donné celles de Brouillet.

La petite fille qui savait compter de Banville est une mignonne petite histoire que je destinerais plus à des enfants qu’à un public adulte. Pour les esprits plus cartésiens, il sera difficile d’embarquer dans l’imaginaire de Banville. Ça ressemble à un petit conte de Noël où une petite fille fait subir un hiver infernal à tout son village. Même si c’est un récit imaginaire, il manque un peu de logique et nous sentons que c’est un peu tiré par les cheveux. Ce n’est pas donné à tout le monde de bien développer une histoire en quelques pages. De plus, j’ai de la difficulté avec ce style d’illustrations. Est-ce un style unique au Québec? Je me pose sérieusement la question. On ne rencontre pas ce trait ailleurs qu’ici. Beaucoup plus réussi que Brouillet, je les classerais dans la même catégorie malgré tout.

Et il y a cet extra-terrestre de Giard; Infrastructure. Le trait grossier donne un style alternatif que j’adore. On comprend que c’est l’hiver et que c’est le soir. Les couleurs sont flamboyantes par leur sobriété. La trame de l’histoire est complètement déstructurée. En une seule page, il en raconte davantage que Banville dans toute sa nouvelle. C’est une bande dessinée éclatée, colorée, très dense. Les personnages marchent dans la neige et sans comprendre tout de suite où l’auteur nous amène, on réalise que ce n’est qu’un bout de vie de deux gars qui se racontent des anecdotes. Je me vois très bien marcher le soir avec un ami et lui raconter les mêmes choses. J’en veux encore.

Malgré le fait que ce collectif soit un peu inégal, je prendrai du plaisir à le relire d’une couverture à l’autre. Il met en valeur les talents québécois et est, à mon avis, représentatif de la position du milieu de la bande dessinée d’ici. Je ne sais pas si le mélange des genres peut plaire à tout le monde. J’aurais personnellement opté pour un album plus contemporain en remplaçant Brouillet et Banville par des illustrateurs comme Duy.

J’ai peut-être une petite dernière petite note négative à ajouter. Je peux comprendre que Glénat Québec est une filiale de la maison d’édition française du même nom et fait partie du groupe Hachette. Mais je trouve désolant d’imprimer en Italie un collectif d’artistes québécois. Nous avons de très bons imprimeurs qui peuvent faire le même travail au même prix. J’en suis convaincu.

Je tiens à m’excuser auprès des artistes pour la qualité du rendu de certaines illustrations. Habituellement je me nourris sur Google Image, mais comme c’est le cas pour beaucoup d’albums québécois, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.  Je travaille à améliorer ma technique de numérisation.

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Le collectif le Petit illustré, trip d’acide sur fond de BD

mercredi, janvier 13th, 2010

Gloire à Facebook, grande application nous ouvrant les portes du monde, et ce, par sujet d’intérêt. Avouez que c’est pratique. Vous n’avez qu’à vous inscrire à quelques groupes et ajouter tous les administrateurs (membres) à votre liste d’amis. Ceux-ci vous font connaitre à leur tour des groupes d’intérêts encore plus intéressants desquels vous trouvez des amis encore plus intéressants. En quelques semaines, vous devenez une des personnes les plus branchées sur tout ce qui se passe dans le domaine de la BD.

C’est de cette façon que j’ai découvert la maison d’édition française le Moule-à-Gaufre qui a fait paraitre le petit illustre; un album collectif regroupant quelques grands talents de la relève en illustration. Ils n’ont pas encore de site commercial ni de distributeur au Québec, mais en contactant les administrateurs ou bien en cherchant un peu sur le net, il est très simple et rapide de passer une commande.

Chacun des artistes a eu droit à quelques pages pour nous faire connaitre son imaginaire. Je dois dire qu’ils ont l’inspiration hors du commun et complètement disjonctée. Non pas que les grands secrets de la vie nous y sont révélés, mais l’énergie qu’ils ont déployée à faire autrement tout en restant accessible. On y découvre aussi des artistes en art visuel de grand talent comme Emre Orhun et Rodolphe Sebti. Je ne crois pas que ce genre d’album aurait pu se publier au Québec. Les Européens sont très connaisseurs de la bande dessinée alors que nous, nous commençons à peine à entendre parler de la BD alternative qui reste encore très marginale. Mais les choses évoluent et j’en suis très heureux.

Mon coup de coeur va à Nolwen Guégan avec sa courte histoire  » Des équilibres  » où quatre oiseaux essaient d’attraper une plume au vol. Les illustrations sont toutes en rondeurs, presque monochromes avec des jeux d’ombres géniaux. Nous y sentons l’émotion et les mouvements des personnages sont tellement réalistes que nous avons l’impression qu’ils bougent réellement. Le scénario est simple, mais intelligent avec une petite morale. Il ne suffit pas de jouer du coude pour réussir dans la vie.

Un québécois a aussi collaboré à ce collectif. Lorsque je dis qu’il se cache beaucoup de talents au Québec, c’est d’artistes comme Duy que je vous parle. Encore aux études, il développe son talent avec une pensée qui me semble sortir de nulle part. Ses oeuvres nous laissent croire à un talent brut qu’il a su apprivoiser. Il n’est pas facile pour tout le monde de développer une histoire en cinq pages. Duy a su nous pondre une belle petite nouvelle illustrée portant sur la quête du bonheur éternel. À lire.

Allez voir le blogue de Duy. Vous allez tomber à la renverse. M. Lonesome

Je ne ferai pas l’éloge de chacun des artistes de cet album. Je vous publie quelques planches vous donnant un bon appercu de ce qui se trouve entre ces pages. C’est un incontournable pour tous les amants du 9e art; car ici c’est vraiment d’art qu’il est question.

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