Une BD française inspirée des Canadiens de Montréal!

vendredi, janvier 8th, 2010

Hé non! Je vous rassure. Comparativement aux performances douteuses de notre sainte flanelle, l’album Les Canayens de Monroyal est un peu plus haut dans le classement de la bande dessinée humoristique. Sans renouveler le genre, Achdé & Lapointe font preuve d’imagination pour mettre en scène des personnages caricaturaux d’une équipe de hockey amateur. Pour certains Québécois, l’idée de base de cette bande dessinée évoquera clairement les séries télévisuelles et cinématographiques Les Boys. Même que l’entraîneur ressemble étrangement à Stan.

J’ai eu quelques éclats de rire, mais souvent provoqués par des gags du premier niveau, qui sont toujours aussi efficaces sur moi lorsqu’ils sont bien faits. Mais je pourrais dire que nous trouvons dans cet album autant de planches banales que d’exceptionnel ce qui nous impose une lecture inégale qui pourrait agacer certain. Les courtes histoires qui n’ont pas de liens entre elles servent bien le style adopté par l’auteur, mais j’aurais aimé une trame de fond qui aurait aidé à créer une véritable histoire. Le hockey est plus un prétexte ici que le sujet principal. Malgré tout, les auteurs ont saisi l’essence de la culture du hockey au Québec.

Les illustrations sont dans la pure tradition européenne. D’ailleurs, Achdé a illustré quatre des derniers Lucky Luke. Loin d’être une faiblesse, maîtriser ce style permet de percer auprès d’un plus grand marché que le ferait une bande dessinée alternative. Tout le monde doit payer son loyer n’est-ce pas? J’ajouterais peut-être que l’arrière-plan des cases est en général moche pour ne pas dire inexistants. Je n’oserais pas dire que c’est du bâclage, mais je doute fort que ce soit pour donner du style aux illustrations.

Autre petite chose qui me chicote. Une BD sur le hockey dessinée par un Français. C’est audacieux et nous ne le ressentons pas en lisant l’album. Mais je trouve triste qu’avec tous les illustrateurs talentueux que nous possédons au Québec, un éditeur n’ait pas su comprendre l’importance de développer les talents locaux. Voulait-il avoir un nom pour vendre des livres plutôt d’un jeune artiste? L’opération me semble commerciale. Dessins vites faits, scénariste québécois pour avoir des subventions et un thème très populaire pour attirer l’attention. Tous les ingrédients sont réunis pour un succès de vente. Mais est-ce immoral de vouloir faire un peu d’argent en négligeant le contenu? Plusieurs le font sans gène.

Je me sens mal de dire autant de mal d’une BD. Je suis un grand admirateur de tous ceux qui osent se lacer dans le domaine. Mais cette bande dessinée n’est clairement pas destinée aux amateurs en recherche de nouveautés. Les jeunes adolescents apprécieront sans doute plus que moi, même si je ne l’ai pas détesté.

Attendons le tome deux de la série pour voir si la sauce prendra ou si cette série sera à classer parmi celles où la sauce est trop étirée et qui ne goûte pratiquement rien.

Fiche

Titre : Les Canayens de Monroyal

Auteurs : Achdé & Lapointe

Couleurs : Mel

Maison d’édition : Boomerang

Nombre de pages : 48

Prix : 16,95 $

Reliure : rigide

ISBN : 978-2-89595-481-1

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3 commentaires sur “Une BD française inspirée des Canadiens de Montréal!

  1. Achdé dit :

    Bonjour,
    D’habitude, je ne m’épanche pas sur les critiques, qui sont comme le dis Charlebois, des ratés sympathiques. Cette fois-ci pourtant,et ce pour la première fois, je tiens à répondre à certains points sur un article que j’aurais habituellement lu puis oublié. La critique est importante, elle nous permet parfois de recentrer notre travail ou de vouloir l’améliorer. Ici, malheureusement, on en est loin, du titre au contenu; manifestement , vous n’avez pas compris, ou pris volontairement le parti de le faire croire ou plus grave, pas lu mon album.
    Sur les considérations techniques du dessin je n’en dirai rien, on aime ou on aime pas, cela restant de l’ordre du subjectif. Je tiens néanmoins à vous rappeler que dans la BD d’humour, les arrières plans sont secondaires et que c’est l’action qui prime, c’est donc pour cela que l’on simplifie ses arrière-plans,. En outre, c’est un choix graphique. Je suppose donc que vous n’aimez pas plus non plus « Peanuts », « Garfield », « Grimmy » etc… En revanche à la lecture et au ton de votre article, vous devez vous régaler avec la nouvelle bd minimaliste (que je respecte et lis) voir « intellectuelle » dont le graphisme, c’est bien connu est à comparer à celui de Gustave Doré.
    Sur l’humour lui même, là aussi, tout est question de subjectivité et d’état d’esprit surtout dans le cadre du « tout public « ou l’éventail des gags se doit d’être vaste pour satisfaire tout le monde.

    Non, ce qui me chiffonne le plus dans votre article c’est l’allusion sur le fait que ce soit un maudit français qui se penche sur votre sport nationnal et en fasse un album qui, je vous rassure est un succés (comme quoi tous les goût soient dans la nature). Alors je tiens ici à mettre les choses au point pour les éventuels lecteurs qui découvriront vos propos et pourront être trompés par ceux-ci.
    Oui, je suis tout à fait d’accord avec vous le Canada en Général et le Québec en particulier possède de grands talents (les auteurs des Nombrils par exemple, Réal Gotbout et tout ceux qui ont oeuvré dans Safarir …), et surtout le Québec peut s’enorgueillir de possèder une formidable culture BD unique en amérique. Dans le cas présent, Il se fait simplement cher critique, que manifestement aucun auteur québécois n’a pu ou voulu tenter l’aventure dans ce style pas si facile qu’est la BD de gags. Peut être aussi qu’aucun éditeur n’a tenté auparavant cette aventure certainement risquée.
    A ce sujet, quand vous faites allusions que mon éditeur s’est payé un grand nom pour faire de l’argent et un scénariste Québécois pour obtenir des subventions, là vous dépasser l’ordre de la critique. Passe encore le petit relan de xénophobie que j’ai senti chez vous à mon égard, là vous n’êtes pas loin de la diffamation concernant mon éditeur. Sachez cher monsieur, que j’ai voulu cette BD, j’ai porté ce projet me faisant aider de mon ami québécois Lapointe et que ce n’est pas un éditeur qui me l’a commandé pour en faire une opération marketting comme vous le laissez entendre. Ensuite, j’ai voulu cet album canadien de A à Z puisque l’impression a été réalisée chez vous et non en Chine comme il est courant de le faire en amérique du nord et diffusée enfin par une société de Montréal. Sachez enfin que je n’ai pas besoin de faire les « canayens » pour payer mon loyer. Là vous vous épinglez une superbe décoration avec palme pour imbécilité. Si j’ avais voulu réaliser une opération purement financière, ce n’est pas sur un marché de la BD aussi restreint que le Québec que je l’aurai fait, or Lucky Luke me permet outre de payer mon loyer et de faire vivre ma famille mais aussi de prendre du temps pour réaliser cette bande dessinée par passion et plaisir sans rien en attendre en retour si ce n’est que de partager mon dessin et mes histoires avec les lecteurs québécois.
    Donc pour résumer, je vais vous répéter ce que j’ai exprimé lors de mes précédentes entrevues avec vos confrères, mais manifestement votre nombrilisme vous empêche de lire les autres quotidiens et écouter la radio ou la télé. Sachez monsieur que j’aime le Québec et les québécois et que je me rends régulièrement dans votre magnifique pays depuis 1983 avec un sentiment d’invitation et de découverte et non de conquête. J’ai en outre pratiqué durant 20 ans le Hockey sur glace, rêvant devant les images des grands clubs de la NHL et le talent des Richard, Béliveau, Dryden, Lafleur et Bouchard. J’ai voulu enfin faire un album tout public en l’honneur de ce sport et de ce pays, toucher surtout les plus jeunes , offrir des histoires comiques sans aucune autre prétention que de faire rire et détendre mes lecteurs. Quand vous écrivez: « une BD française inspiré des canadiens de Montréal », vous prouvez que vous n’avez pas lu l’album (les quatre premières planches ont pourtant été comprises par des milliers d’enfants) et surtout et je le répète, vous laisser flotter un petit relan de xénophobie qui n’est pas digne, oubliant sciemment la part importante des québécois qui ont oeuvré pour que cet album voit le jour et soit un succès. Non, Le nom de la série est simplement un clin d’oeil à l’équipe qui m’a fait rêver depuis 1968, date à laquelle je chaussais pour la première fois des patins de hockey.
    Voilà cher critique, les choses sont dites, je respecte toujours l’avis de quelqu’un, même s’il est négatif à mon encontre; en revanche les tirages de comètes et autres allusions douteuses me déplaisent fortement surtout de la part de quelqu’un qui se réfugie dans l’anonymat d’un pseudonyme ronflant.
    Bien à vous
    Achdé

    • cultebd dit :

      C’est ce que j’appelle se faire ramasser solidement! J’accepte mes torts. J’apprends de mes erreurs et j’essaie de ne pas les répéter; car seuls les imbéciles répètent sans cesse les mêmes erreurs non? Soit dit en passant, ma critique sur ton dernier Lucky Luck est beaucoup plus élogieuse.

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