Archives de janvier, 2010

L’arrivée du iPad de Apple chamboulera le monde de la BD!!

mercredi, janvier 27th, 2010

Lorsque Apple s’intéresse à un marché, c’est qu’il y a de l’argent à faire. Du fait, le reste de l’industrie suit. Les nouveaux gadgets tendance pour 2010 sont les tablettes électroniques; ordinateur portable sans clavier possédant un écran tactile. Hybride entre le smartphone, un ordinateur portable et un livre électronique, c’est le premier vrai appareil électronique portable qui permettra de lire de la bande dessinée sur un grand écran en couleur. Ajoutez à cela un des magasins (iTunes Store) en ligne le plus efficace et lucratif de la planète pour obtenir un potentiel de popularisation d’un nouveau mode de lecture presque infini.

Fort de son expérience avec le iPhone qui est en soi une petite tablette électronique, la nouvelle tablette de Apple, le iPad, est encore plus révolutionnaire. Possédant un écran de plus de dix pouces en haute définition, elle permettra d’accéder à internet via les réseaux de téléphonie 3G. C’est le produit technologique que tout le monde attendait. Presque tout ce qui était reproché au livre électronique et aux smartphones aura été corrigé. C’est le premier vrai livre électronique sur lequel vous pourrez lire journaux, magazines, livres et BD et le tout en couleur. Et c’est aussi un ordinateur soit dit en passant.

Les vrais collectionneurs de BD ne sont sans doute pas prêts à convertir leur bibliothèque en format numérique. Mais les nouvelles générations ne veulent rien savoir de l’encombrement et ont un attachement plutôt temporaire et très changeant face aux objets. Et ce qu’ils exigent de ceux-ci, c’est de pouvoir les avoir constamment à portée de la main, ce que n’offre évidemment pas une bibliothèque, mais beaucoup mieux une tablette électronique. La transition sera longue entre aujourd’hui et le moment où les albums papiers ne seront plus que des produits dérivés; un peu comme ce que l’industrie du disque fait lorsqu’elle réédite en version vinyle certains grands classiques. Mais ce changement aura bel et bien lieu qu’on le veuille ou pas. Les plus conservateurs nous diront que le livre ne disparaîtra jamais. Je suis tout à fait en accord avec eux. Il ne disparaîtra jamais. Mais le livre se transposera vers les supports numériques.

Un des défis majeurs auquel font face les éditeurs avec l’arrivée de ce changement technologique est de développer un modèle d’affaires qui tiendra compte des nouveaux paradigmes du marché. Ils devront permettre à tout le monde d’avoir les moyens de se payer des albums pour ainsi rendre le piratage beaucoup moins intéressant. Pour ceux qui l’ignoraient, il existe déjà. Des bandes dessinées numérisées frauduleusement circulent sur les réseaux de partage de fichier. La solution la plus plausible à mes yeux pour diminuer radicalement les coûts de production est de modifier la chaîne traditionnelle du livre et éliminer certains intervenants. Ainsi, il ne pourra rester que l’éditeur, le détaillant et l’auteur pour se distribuer les revenus. Nous éliminerons de la chaîne, les imprimeurs et les distributeurs; autrement dit toutes les infrastructures qui servent à la fabrication et à la manipulation des livres physiques. Les librairies se déplaceront vers le web et finiront pratiquement par disparaître. Seules les boutiques du collectionneur demeureront pour offrir les rares éditions papier.

Le grand avantage que je constate avec cette transition vers le format numérique, est qu’il permettra, comme il l’a fait pour la musique, aux bédéistes indépendants de produire des albums de qualités à des coûts pratiquement nuls et de pouvoir compétitionner avec les grands de l’édition. Attendez-vous à une avalanche de nouveaux créateurs dans les prochaines années. Déjà, nous en découvrons chaque semaine sur le web en format blogue et la révolution numérique n’est qu’à ses tout débuts. J’adore.

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

La BD corrosive L’encyclopédie DeKessé

mardi, janvier 26th, 2010

J’ai pris l’album sur le rayon de nouveautés québécoises. J’ai fait tourner les pages rapidement. Je l’ai reposé. J’ai poursuivi mon exploration, puis je suis revenu. Je l’ai finalement acheté. Je ne suis pas un fanatique du genre bande dessinée humoristique à la sauce Safarir où les pages sont souvent bâclées et où l’humour est sans envergure. C’est pourquoi je ne suis pas laissé convaincre facilement. Et heureusement que je suis revenu sur mes pas. C’est un album beaucoup mieux travaillé que le Saf.

Rose Beef et Denis Rodier sont les créateurs de cette encyclopédie décadente et injurieuse. Nous y suivons Philomène Bêta-Kappu; itinérante doctoresse en épistémologie qui nous fait découvrir son vaste champ de connaissances au fil de courtes histoires. Avec un niveau d’humour intelligent et des jeux de mots efficaces, les auteurs s’amusent à taper sur tout ce qui bouge dans la stratosphère québécoise. Rien n’est tabou. Les sujets abordés sont nombreux. On y parle d’histoire, de science, d’actualité. Bêta-Kappu ne se gène pas pour ridiculiser tous ceux qu’elle trouve sur sa route et les escroquer du même souffle. Elle est politiquement très incorrecte. Le langage utilisé pourrait ne pas convenir au plus jeune ou choquer les plus sensibles. Cet angle d’attaque choisi par les auteurs donne un certain goût acide à cette BD. J’adore.

Le travail d’illustration est à souligner. Le découpage des pages est dynamique et efficace. Les couleurs viennent soutenir l’effort de mise en page. Les expressions sur les visages caricaturaux sont réussies et nous font souvent rire. Ça nous donne un album travaillé et agréable à regarder et à lire.

Je ne possède pas de formation en art visuel et je cherche souvent comment parler du travail d’illustration d’une BD. Je me sens inculte. Dans les prochaines semaines, je ferai donc un effort pour trouver comment parler d’illustration efficacement.

Un achat pour ceux qui aiment le genre.

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

SAFARIR recherche des bédéistes

dimanche, janvier 24th, 2010

J’ai reçu dernièrement une mise à jour de la page Facebook du magazine Safarir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une publication québécoise qui ressemble beaucoup à Fluide Glacial. Je regarde rarement leur page, car elle est peu dynamique. Elle n’est pas très populaire non plus et ne comporte que 55 membres. Ça manque de sérieux pour un magazine qui vient de faire paraître sa deux-cent-quarante et unième publication. Ce n’est pas un très bon signe lorsque ton public cible se situe dans la tranche d’âge des gens qui fréquentent le plus les réseaux sociaux et qu’il n’est pas présent sur ta page. Ça en dit long sur la perception des nouveaux médias par la direction et nous laisse deviner l’âge de celui qui s’occupe de la promotion. Je ne suis pas connu du tout et j’ai réussi à réunir plus de deux-cents membres sur la page Facebook de mon blogue en deux jours seulement. Je les comprends donc de se chercher une nouvelle image. C’est pourquoi j’y participe.

Safarir nous demande notre opinion pour la suite des choses. Est-ce que nous préférons un magazine qui est tout en BD ou comme avant? Pour la première fois au Québec, nous avons la chance d’avoir notre premier vrai magazine consacré à cent pour cent à la bande dessinée. Il pourrait rapidement devenir un outil important de promotion pour les bédéistes québécois. N’hésitez pas à aller donner votre opinion que je souhaite en faveur de la BD. Avouez que des gags qui ont le format d’un roman-photo ne sont plus tellement d’actualité.

Répondre au sondage SAFARIR =====>>>  Sondage

Ils recherchent des bédéistes

J’ai fouillé rapidement leur site web. J’ai découvert qu’il recherchait des bédéistes humoristiques pour compléter leur équipe. Je connais plusieurs artistes qui maitrisent assez leur art pour surpasser ce qui se publie dans le Safarir. Alors vite, soumettez vos projets. Je veux vous voir dans les prochains numéros. Le niveau de qualité sera sans doute rehaussé.

Pour soumettre un projet à SAFARIR =====>>> Soumettre un projet

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Lucky Luke versus George W. Bush

samedi, janvier 23rd, 2010

Levez la main tous ceux d’entre vous qui n’aiment pas Lucky Luck. Et maintenant, ceux qui n’aiment pas la politique. Vous êtes plus nombreux. Et maintenant ceux qui n’aiment pas Georges W. Bush. Ooooooh! Impressionnant. Pratiquement personne ne l’aime et je partage votre dédain. Les auteurs de L’homme de Washington ne se gênent pas pour lui donner le mauvais rôle dans cette bande dessinée. J’ironiserais en vous affirmant que je ne comprends pas pourquoi.

J’ai acheté cette bande dessinée sous forme d’application pour mon iPhone. Elle se lit sur une plateforme développée par Anuman Interactive se nommant BD Touch. Vous pouvez lire mon billet intitulé Des bandes dessinées dématérialisées sur iPhone si ce n’est pas déjà fait pour avoir un aperçu de son fonctionnement; ou plutôt de son malfonctionnement. Cette application est en effet très peu agréable à utiliser.

C’est ma première expérience de lecture d’une bande dessinée sur un petit écran de moins de trois pouces de diagonale. Les cases défilent les unes après les autres. La dynamique est différente, mais on s’y fait. Et dès que les petits irritants de la configuration de BD Touch sont passés, le plaisir de lire un bon Lucky Luke s’installe.

L’histoire, sans faire évoluer le genre, est aussi bien construite que les albums précédents. Il faut dire que toutes les limites de ce type d’albums ont été explorées et qu’il est difficile de réinventer la roue. Cette fois-ci, nous y retrouvons notre vaillant cowboy solitaire prêt à servir sa patrie pour y apporter un peu d’ordre. Ce sont les hommes politiques de Washington qui ne lui demandent rien de moins que de sauver la démocratie de l’infâme politicien véreux Perry Camby, la caricature de Bush qui veut voler l’élection présidentielle et engage un tueur à gages pour éliminer son principal adversaire démocrate.

Le récit est rempli des références à la politique et à la culture américaine actuelles. Toutes ces petites apparitions représentant plusieurs personnalités people nous gardent dans l’histoire à la recherche du suivant. Cette technique d’introduction de personnages contemporains dans une histoire se déroulant dans le passé pour créer des situations cocasses est toujours très efficace lorsqu’il est maitrisé.

Les grands absents de cet album sont Rantanplan et les frères Dalton. Ce petit chien maladroit pouvait à lui seul faire tenir la sauce d’un album par ses commentaires absurdes. Pour ce qui est des Dalton, nous pouvons comprendre qu’il était plutôt difficile de les insérer dans cette histoire. Ce sera pour le prochain album peut-être.

Je dois souligner le travail d’illustration de Achdé. Fort de ses trois albums du Lonesome Cowboy dessinés pour Lucky Comic, il a su s’approprier les traits qui caractérisaient ce légendaire personnage. Contrairement à son album des Canayens de Montroyal les cases sont pleines de détails et de style. J’ai toujours aimé ces cases où tout est de la même couleur; particulièrement les rouges flamboyantes.

Je ne lirais pas plusieurs albums de suite, mais l’espace d’un moment je me suis permis d’être bon public et de renouer avec les plaisirs de mon enfance; version iPhone. Je ne le regrette pas un instant. C’est un achat pour les amateurs.

I’m a poor lonesome blogueur…

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Le collectif de BD Québécois Histoires d’hiver… quelques petits trésors!

mardi, janvier 19th, 2010


Certains Québécois aiment l’hiver et d’autres la détestent. Sans dire que je suis du deuxième groupe, je ne suis pas du premier non plus. Je subis sans détester. Mais aucun ne peut nier que l’hiver fait partie de notre vie, qu’il forge une partie de notre caractère et fait de nous ce que nous sommes. Personne ne peut rester indifférent face à l’engourdissement saisonnier qu’elle provoque sur notre société nordique. Glénat Québec en a d’ailleurs fait le thème de ce deuxième concours de bande dessinée. Le jury a choisi six histoires dessinées par des artistes québécois. J’adore les albums collectifs. Ils permettent à plusieurs auteurs de la relève de publier de belles histoires et de se faire connaître.

Zviane est une artisteparmis ceux-là. Je vous ai parlé dernièrement de son travail et de son blogue L’ostie d’chat. Sans être le but de cet achat, je l’ai retrouvé dans cet album. Avec mauve ciel, nous ne pouvons que constater une fois de plus son grand talent pour raconter des histoires. Cette fois-ci, elle nous dessine un petit bout de la vie d’une jeune montréalaise. Nous pourrions croire que nous assistons au début d’une belle histoire d’amour. À l’image de l’hiver, le rythme est lent et tout à fait approprié pour soutenir le délicat romantisme de la situation. Les dialogues sont à l’image de sa génération. Genre! J’ai bien ri lorsqu’elle fait dire à son personnage qu’il faisait -1000 dehors. C’est une très belle métaphore pour exprimer l’intensité du froid hivernal. Le choix des couleurs est tout à fait approprié et vient soutenir le propos. Définitivement, j’espère retrouver cette artiste dans les rayons prochainement.

Plus grave et plus noir, L’ennemi secret de Hicham Absa nous porte dans un tout autre univers; la capitulation de la sixième armée allemande durant la Deuxième Guerre mondiale. Nous sentons que l’hiver est le vrai ennemi dans cette histoire. Elle pèse sur le moral des soldats et pousse à capituler ceux qui n’ont pas déjà succombé à son froid. L’histoire est bien construite, mais ce n’est pas ce qui m’a séduit le plus. Les illustrations sont d’une efficacité incontestable. Les teintes grisâtres font ressortir les visages des personnages et le rouge du sang qui ressemble à un feu d’artifice. À elles seules, elles expriment les sentiments que la guerre suscite en nous. C’est du grand art. Il a déjà publié chez Front Froid. Je vous en glisserai un mot très bientôt.

Après avoir lu ces deux très bonnes nouvelles, nous en redemandons. Mais nous tournons la page et tombons sur Un coin de paradis de Serge Brouillet. C’est l’histoire de deux urbains écologistes qui décident d’ouvrir un gite du passant en campagne. Leur vision idyllique de la nature se change rapidement en cauchemar avec l’arrivée des motoneigistes. La thématique est très actuelle, mais le style des illustrations date d’une autre époque. Je verrais très bien cette BD dans le magazine des petits débrouillards des années quatre-vingt. J’ai d’ailleurs l’impression qu’un adolescent à ses premières armes les a dessinées. J’ai quand même ri un peu en la lisant.

Vieux fou de Kan-J et Mikey rattrape la donne. Nous aimons voir l’effort de réalisme dans l’illustration de cette histoire où un homme est enfermé et oublié en prison. Du fait, l’hiver s’installe pour une longue période. Les couleurs accompagnent le propos. Nous passons de la grisaille de l’hiver aux couleurs éclatantes de l’été. J’aurais aimé voir comment ces auteurs auraient travaillé le scénario s’ils avaient eu plus de pages à leur disposition. Je trouve qu’ils ont coupé court, mais je comprends qu’ils ne disposaient que de six pages. À la place de l’éditeur, je leur aurais donné celles de Brouillet.

La petite fille qui savait compter de Banville est une mignonne petite histoire que je destinerais plus à des enfants qu’à un public adulte. Pour les esprits plus cartésiens, il sera difficile d’embarquer dans l’imaginaire de Banville. Ça ressemble à un petit conte de Noël où une petite fille fait subir un hiver infernal à tout son village. Même si c’est un récit imaginaire, il manque un peu de logique et nous sentons que c’est un peu tiré par les cheveux. Ce n’est pas donné à tout le monde de bien développer une histoire en quelques pages. De plus, j’ai de la difficulté avec ce style d’illustrations. Est-ce un style unique au Québec? Je me pose sérieusement la question. On ne rencontre pas ce trait ailleurs qu’ici. Beaucoup plus réussi que Brouillet, je les classerais dans la même catégorie malgré tout.

Et il y a cet extra-terrestre de Giard; Infrastructure. Le trait grossier donne un style alternatif que j’adore. On comprend que c’est l’hiver et que c’est le soir. Les couleurs sont flamboyantes par leur sobriété. La trame de l’histoire est complètement déstructurée. En une seule page, il en raconte davantage que Banville dans toute sa nouvelle. C’est une bande dessinée éclatée, colorée, très dense. Les personnages marchent dans la neige et sans comprendre tout de suite où l’auteur nous amène, on réalise que ce n’est qu’un bout de vie de deux gars qui se racontent des anecdotes. Je me vois très bien marcher le soir avec un ami et lui raconter les mêmes choses. J’en veux encore.

Malgré le fait que ce collectif soit un peu inégal, je prendrai du plaisir à le relire d’une couverture à l’autre. Il met en valeur les talents québécois et est, à mon avis, représentatif de la position du milieu de la bande dessinée d’ici. Je ne sais pas si le mélange des genres peut plaire à tout le monde. J’aurais personnellement opté pour un album plus contemporain en remplaçant Brouillet et Banville par des illustrateurs comme Duy.

J’ai peut-être une petite dernière petite note négative à ajouter. Je peux comprendre que Glénat Québec est une filiale de la maison d’édition française du même nom et fait partie du groupe Hachette. Mais je trouve désolant d’imprimer en Italie un collectif d’artistes québécois. Nous avons de très bons imprimeurs qui peuvent faire le même travail au même prix. J’en suis convaincu.

Je tiens à m’excuser auprès des artistes pour la qualité du rendu de certaines illustrations. Habituellement je me nourris sur Google Image, mais comme c’est le cas pour beaucoup d’albums québécois, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.  Je travaille à améliorer ma technique de numérisation.

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

L’avenir de la bande dessinée en… numérique?

vendredi, janvier 15th, 2010

2010 sera, selon les analystes, l’année charnière qui fera basculer le monde littéraire vers le livre numérique. Ils ont souvent annoncé la mort du livre papier, mais cette fois-ci semble la bonne. Du moins la bonne pour l’adoption du livre numérique par les lecteurs. Tous les intervenants s’entendent maintenant pour dire qu’il n’y aura pas de mort proprement dire du livre papier, mais plutôt une évolution de cette industrie vers des petits tirages et des produits complémentaires. Pour le moment ce qui nous est offert comme lecteur « Reader » est plutôt limité, mais avec l’arrivée des tablettes électroniques tout devrait s’accélérer. Je vous invite à visionner ce petit vidéo pour avoir un aperçu des possibilités de ces nouveaux supports électroniques. Ici, on nous présente ce que pourraient être les magazines dans un avenir très rapproché. J’imagine très bien une bande dessinée sur cet eMagazine. C’est en langue anglaise, mais nous pouvons facilement comprendre de ce qu’il est question.

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Des bandes dessinées dématérialisées sur iPhone

vendredi, janvier 15th, 2010

À l’heure où tout ce que nous connaissons de support de communication se dématérialise pour se transposer dans les téléphones intelligents, les écrans d’ordinateur et les toutes nouvelles tablettes électroniques, la BD n’est pas en reste. Au cours de l’année qui vient, je testerai pour vous ces nouveaux médiums et je vous communiquerai ce qu’ils ont à nous offrir de positif et de négatif en ce qui concerne la diffusion de la bande dessinée.

Je suis un fanatique des produits Apple. Depuis toujours, j’en ai eu un sur mon bureau. Et, depuis plus d’un an, j’en ai un continuellement avec moi. Mon iPhone ne me quitte jamais. C’est souvent sur celui-ci que j’écris les brouillons de mes billets, notes des idées, que je m’informe sur l’actualité et que, même à l’occasion, avec lequel je téléphone. Fidèle à moi-même, j’ai cherché à découvrir ce que ce petit joujou avait à m’offrir dans le domaine de la bande dessinée.

En effectuant une recherche dans l’App Store, j’y ai rapidement trouvé un fournisseur de contenu francophone sous forme d’applications. BD Touch; le mot « Touch » faisant référence à l’écran tactile de l’appareil. Je me suis empressé à me procurer le dernier album de Lucky Luke, L’homme de Washington et l’album de Gaulle à la plage. Je vous en ferai la critique dans les prochains billets. Voici donc ce que je retiens de mon utilisation de cette App développé par Anuman interactive; une compagnie française.

BD Touch

Ça commence mal. En ouvrant l’application Lucky Luke, on a droit à un beau logo de BD Touch et un ruban de publicité défilant dans le bas de l’écran faisant l’annonce de leurs produits. Nous payons pour un album et ce dernier est rempli de publicités? Je suis d’accord pour qu’ils nous mettent un bouton qui nous mène à une page proposant d’autres BDS, mais pas que ces dernières apparaissent en popup à l’ouverture. A-t-on des publicités au début des albums papier? Alors, pourquoi nous pourrir la vie dans une application pour Smartphone?

Loin d’être instinctif, j’ai dû prendre quelques minutes pour analyser son fonctionnement. Alors qu’en général on retrouve les mêmes procédés d’une application à l’autre pour simplifier l’utilisation, Anuman Interative s’est donné la peine de tout foutre en l’air ces repères pour je ne sais quelle raison sinon celle de nous obliger à chercher comment ça fonctionne. De plus, tous les ajustements de navigation doivent être refaits à chaque démarrage. Nous ne pouvons revenir facilement sur une case. Il faut aller au menu principal, sélectionner la page qui contient celle-ci et relire la page entière. Nous ne pouvons pas non plus zoomer sur un détail que l’on aimerait observer ni lire de façon verticale, car si nous avons le malheur d’incliner l’appareil un peu trop, un menu contenant encore des publicités nous apparait. Tous ces petits défauts mis ensemble font diminuer appréciablement le plaisir de la lecture.

Sans terminer la lecture de L’homme de Washington, j’ai ouvert avec scepticisme l’album de Gaulle à la plage. Le même ruban publicitaire apparaît. Mais la suite m’a laissé sans mots. Tous les défauts que j’ai mentionnés si haut ont été corrigés. La lecture est simple et fluide et un petit menu nous explique la fonction des boutons alors que c’est un peu plus évident. On a même droit à une animation simulant une page qui tourne lorsqu’on change de case et nous pouvons zoomer. Anuman Interactive devrait refaire l’application de Lucky Luke pour qu’elle soit identique à celle-ci. Ce que je trouve le plus étrange dans cette histoire c’est que cet album a été publié avant Lucky Luke. Il manque de constance dans la production. À ni rien comprendre.

Mais en général

Ce genre de petit logiciel s’applique bien à des BDS qui ont un découpage traditionnel, mais un peu moins à celles où le dessin prend une plus grande importance. C’est l’idéal pour des Lucky Luke, mais je serais curieux d’essayer de lire un album plus axé sur l’art comme le Petit illustré.

Le prix peut être un facteur déterminant pour un achat de bande dessinée en version numérique. Alors que l’on paie jusqu’à 17 $ (12 €) un album papier, les applications de BD Touch se détaillent dans une fourchette de prix allant de 3,99 $ à 4,99 $ (2,50 € à 3,25 €). C’est presque donné, mais nous comprenons qu’il s’agit d’un produit virtuel ne demandant pratiquement aucune manutention. Ces albums virtuels sont l’idéal pour voyager et lire du même souffle.

Moi qui aime collectionner les bandes dessinées et les relire régulièrement, je m’interroge sur la conservation des App BD lorsque cette génération de téléphone sera désuète. Le fichier restera-t-il accessible sans l’appareil ou devrons-nous faire des acrobaties afin de trouver un lecteur compatible ou encore les racheter dans un nouveau format. J’aime beaucoup les albums papier. Je sais qu’un jour ils disparaîtront. Je serai alors le vieux papi accroché à ses artéfacts d’une autre époque et j’en serai fier.

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Le collectif le Petit illustré, trip d’acide sur fond de BD

mercredi, janvier 13th, 2010

Gloire à Facebook, grande application nous ouvrant les portes du monde, et ce, par sujet d’intérêt. Avouez que c’est pratique. Vous n’avez qu’à vous inscrire à quelques groupes et ajouter tous les administrateurs (membres) à votre liste d’amis. Ceux-ci vous font connaitre à leur tour des groupes d’intérêts encore plus intéressants desquels vous trouvez des amis encore plus intéressants. En quelques semaines, vous devenez une des personnes les plus branchées sur tout ce qui se passe dans le domaine de la BD.

C’est de cette façon que j’ai découvert la maison d’édition française le Moule-à-Gaufre qui a fait paraitre le petit illustre; un album collectif regroupant quelques grands talents de la relève en illustration. Ils n’ont pas encore de site commercial ni de distributeur au Québec, mais en contactant les administrateurs ou bien en cherchant un peu sur le net, il est très simple et rapide de passer une commande.

Chacun des artistes a eu droit à quelques pages pour nous faire connaitre son imaginaire. Je dois dire qu’ils ont l’inspiration hors du commun et complètement disjonctée. Non pas que les grands secrets de la vie nous y sont révélés, mais l’énergie qu’ils ont déployée à faire autrement tout en restant accessible. On y découvre aussi des artistes en art visuel de grand talent comme Emre Orhun et Rodolphe Sebti. Je ne crois pas que ce genre d’album aurait pu se publier au Québec. Les Européens sont très connaisseurs de la bande dessinée alors que nous, nous commençons à peine à entendre parler de la BD alternative qui reste encore très marginale. Mais les choses évoluent et j’en suis très heureux.

Mon coup de coeur va à Nolwen Guégan avec sa courte histoire  » Des équilibres  » où quatre oiseaux essaient d’attraper une plume au vol. Les illustrations sont toutes en rondeurs, presque monochromes avec des jeux d’ombres géniaux. Nous y sentons l’émotion et les mouvements des personnages sont tellement réalistes que nous avons l’impression qu’ils bougent réellement. Le scénario est simple, mais intelligent avec une petite morale. Il ne suffit pas de jouer du coude pour réussir dans la vie.

Un québécois a aussi collaboré à ce collectif. Lorsque je dis qu’il se cache beaucoup de talents au Québec, c’est d’artistes comme Duy que je vous parle. Encore aux études, il développe son talent avec une pensée qui me semble sortir de nulle part. Ses oeuvres nous laissent croire à un talent brut qu’il a su apprivoiser. Il n’est pas facile pour tout le monde de développer une histoire en cinq pages. Duy a su nous pondre une belle petite nouvelle illustrée portant sur la quête du bonheur éternel. À lire.

Allez voir le blogue de Duy. Vous allez tomber à la renverse. M. Lonesome

Je ne ferai pas l’éloge de chacun des artistes de cet album. Je vous publie quelques planches vous donnant un bon appercu de ce qui se trouve entre ces pages. C’est un incontournable pour tous les amants du 9e art; car ici c’est vraiment d’art qu’il est question.

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Une BD française inspirée des Canadiens de Montréal!

vendredi, janvier 8th, 2010

Hé non! Je vous rassure. Comparativement aux performances douteuses de notre sainte flanelle, l’album Les Canayens de Monroyal est un peu plus haut dans le classement de la bande dessinée humoristique. Sans renouveler le genre, Achdé & Lapointe font preuve d’imagination pour mettre en scène des personnages caricaturaux d’une équipe de hockey amateur. Pour certains Québécois, l’idée de base de cette bande dessinée évoquera clairement les séries télévisuelles et cinématographiques Les Boys. Même que l’entraîneur ressemble étrangement à Stan.

J’ai eu quelques éclats de rire, mais souvent provoqués par des gags du premier niveau, qui sont toujours aussi efficaces sur moi lorsqu’ils sont bien faits. Mais je pourrais dire que nous trouvons dans cet album autant de planches banales que d’exceptionnel ce qui nous impose une lecture inégale qui pourrait agacer certain. Les courtes histoires qui n’ont pas de liens entre elles servent bien le style adopté par l’auteur, mais j’aurais aimé une trame de fond qui aurait aidé à créer une véritable histoire. Le hockey est plus un prétexte ici que le sujet principal. Malgré tout, les auteurs ont saisi l’essence de la culture du hockey au Québec.

Les illustrations sont dans la pure tradition européenne. D’ailleurs, Achdé a illustré quatre des derniers Lucky Luke. Loin d’être une faiblesse, maîtriser ce style permet de percer auprès d’un plus grand marché que le ferait une bande dessinée alternative. Tout le monde doit payer son loyer n’est-ce pas? J’ajouterais peut-être que l’arrière-plan des cases est en général moche pour ne pas dire inexistants. Je n’oserais pas dire que c’est du bâclage, mais je doute fort que ce soit pour donner du style aux illustrations.

Autre petite chose qui me chicote. Une BD sur le hockey dessinée par un Français. C’est audacieux et nous ne le ressentons pas en lisant l’album. Mais je trouve triste qu’avec tous les illustrateurs talentueux que nous possédons au Québec, un éditeur n’ait pas su comprendre l’importance de développer les talents locaux. Voulait-il avoir un nom pour vendre des livres plutôt d’un jeune artiste? L’opération me semble commerciale. Dessins vites faits, scénariste québécois pour avoir des subventions et un thème très populaire pour attirer l’attention. Tous les ingrédients sont réunis pour un succès de vente. Mais est-ce immoral de vouloir faire un peu d’argent en négligeant le contenu? Plusieurs le font sans gène.

Je me sens mal de dire autant de mal d’une BD. Je suis un grand admirateur de tous ceux qui osent se lacer dans le domaine. Mais cette bande dessinée n’est clairement pas destinée aux amateurs en recherche de nouveautés. Les jeunes adolescents apprécieront sans doute plus que moi, même si je ne l’ai pas détesté.

Attendons le tome deux de la série pour voir si la sauce prendra ou si cette série sera à classer parmi celles où la sauce est trop étirée et qui ne goûte pratiquement rien.

Fiche

Titre : Les Canayens de Monroyal

Auteurs : Achdé & Lapointe

Couleurs : Mel

Maison d’édition : Boomerang

Nombre de pages : 48

Prix : 16,95 $

Reliure : rigide

ISBN : 978-2-89595-481-1

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]

Ils osent parler de BD dans le Devoir!

jeudi, janvier 7th, 2010

Il est rare de lire un article parlant de bande dessinée dans les journaux en général. Pourtant, un sujet si vaste mériterait sa chronique quotidienne sinon hebdomadaire. Mais je comprends que même si le milieu de la BD au Québec est en pleine effervescence, il reste encore, aux yeux de plusieurs, marginal. Reste que les articles écris par Fabien Deglise sont très intéressants. À lire.

Les incontournables de l’année 2009

Dans la tempête, la croissance de la bande dessinée francophone se confirme

[Liste de toutes les critiques de ce blogue] [Liste de toutes les chroniques de ce blogue]